<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242</id><updated>2011-10-16T11:05:00.862-07:00</updated><title type='text'>Hystérie, sorcellerie, philosophie</title><subtitle type='html'>Blog de textes littéraires, poétiques, philosophiques, politiques, mystiques et toujours un peu délirants.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>31</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-3303205799125059918</id><published>2011-08-20T04:26:00.001-07:00</published><updated>2011-08-20T05:02:43.545-07:00</updated><title type='text'>Hédonisme contre épicurisme, le choc du combat du retour de la mort</title><content type='html'>Cette note doit son existence à un lecteur qui se reconnaîtra (merci à toi, L., c'était intéressant à mettre au propre et à ordonner un peu ce bazar là).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'hédonisme et l'épicurisme sont habituellement balancés sans nuance dans le fourre-tout des doctrines philosophiques du plaisir, sans que la différence entre les deux soit bien claire pour tout le monde. Faut dire que c'est pas si simple. Alors je me lance, et j'vous explique (un peu)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà, s'agit-il vraiment de deux doctrines philosophiques ? C'est à dire de deux ensembles cohérents, historiquement balisés, avec des défenseurs et des détracteurs, et une assise conceptuelle univoque ? Pour l'épicurisme on peut dire que oui ; pour l'hédonisme, pas si sûr... Il y a bien Aristippe de Cyrène (je vous laisse aller voir qui c'est tous seuls comme des grands), dont le nom est associé à la chose comme un de ses premiers penseurs, mais évidemment, comme souvent, il ne reste quasiment rien de lui qui puisse nous donner une idée un peu précise de ce que pouvaient être sa pensée et son enseignement dans le détail - si tant est d'ailleurs qu'il ait enseigné. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En grec le mot &lt;span style="font-style:italic;"&gt;hèdonè &lt;/span&gt;signifie plaisir - plaisir physique au sens propre. Il a grosso modo pour équivalent latin &lt;span style="font-style:italic;"&gt;voluptas &lt;/span&gt;(je ne vous fais pas un dessin sur ce que peut vouloir dire &lt;span style="font-style:italic;"&gt;voluptas&lt;/span&gt;, c'est assez transparent).&lt;br /&gt;Si l'on suit donc la logique des mots en -isme, un hédoniste est un sinistre individu qui fait du plaisir le principe directeur de ses actes et de ses décisions. Jouissance pour tous, tous pour la jouissance !&lt;br /&gt;Toujours grosso modo, le slogan le plus connu de l'hédonisme, c'est le fameux &lt;span style="font-style:italic;"&gt;carpe &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;diem &lt;/span&gt;d'Horace, "cueille le jour", une transcription joliment imagée du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;kairos&lt;/span&gt; grec - l'occasion à saisir au vol, le bonheur avant qu'il ne se sauve.&lt;br /&gt;Jouissons donc de ce qui se présente, nous dit l'hédoniste, au moment où cela se présente, sans réflexion sur le passé ni trop d'anticipation de l'avenir ; car la jouissance est le seul vrai bien, et elle ne connaît ni passé ni avenir, elle est toute entière dans l'instant.&lt;br /&gt;Vous remarquerez comment là, on est déjà insensiblement passé de la description d'un principe (le plaisir) à la prescription qui en découle (le plaisir, ok, mais comment). Parce que c'est bien joli de dire que tout est pour jouir, mais le choix de jouir implique de multiples décisions, elles-mêmes découlant de la réponse que l'hédoniste est bien obligé d'apporter à certaines questions, entre autres :&lt;br /&gt;- tous les plaisirs sont-ils aussi bons ? Y a-t-il une échelle des plaisirs qui pourrait nous amener à en préférer certains - et donc à en refuser d'autres ?&lt;br /&gt;- comment s'assurer la jouissance ? Quid de la pauvreté, de la maladie, de la mort ?&lt;br /&gt;- que faire vis-à-vis de ce qui n'est pas plaisir, mais qu'il faut parfois choisir par nécessité (travailler, se lever alors qu'on dormirait bien un peu plus, mettre un préservatif...) ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'hédoniste se retrouve donc comme un couillon, ramené à la bonne vieille question initiale : c'est quoi, au fait, le plaisir ? Est-ce que ça ne concerne que le corps ? Et s'il y a aussi des plaisirs de l'esprit, en ce cas, tout peut devenir plaisir dans certaines circonstances - y compris, soyons fou, la vertu. Oui oui, on peut jouir de sa propre moralité, j'en connais. L'essentiel de la morale chrétienne est d'ailleurs plus ou moins fondé sur l'idée qu'il y a un plaisir à faire le bien et à renoncer au monde, plaisir qui n'est qu'un avant-goût prometteur des félicités de l'au-delà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc l'hédoniste, derrière son mot d'ordre en apparence simplet, ne se simplifie pas la tâche. Sa vie est une succession de coups de dés appuyés sur des intuitions parfois assez vagues, des hiérarchies souvent brouillonnes, et une obligation quasi insurmontable de se détemporaliser le plus possible. Tout ça est séduisant mais manque de barreaux auxquels s'agripper. No future, ça donne le vertige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les épicuriens pourraient être définis comme des hédonistes frileux. Les messieurs Prudhomme de la jouissance, qui souhaitent mettre un peu d'ordre dans tout ça. Parce que quand la borne est passée, n'est-ce pas, il n'y a plus de limites - et les limites, les épicuriens, ça les fait jouir.&lt;br /&gt;La doctrine épicurienne propose une appréhension très rigoureuse - et souvent austère - du mot d'ordre hédoniste, tout d'abord en définissant plus précisément ce qu'il faut entendre par plaisir. Le maître du Jardin, Epicure, l'identifie à l'absence de douleur. Si j'ai très soif et que je bois un verre d'eau, voilà mon plaisir ; il est entier, parfait, pas besoin d'un grand vin ; c'est ce qu'on appelle le plaisir "stable". Bon, évidemment, les autres hédonistes bougonnent : un chablis blanc bien sec c'est tout de même meilleur qu'un verre d'eau. Ok, ok, Epicure introduit alors la notion de plaisir "en mouvement" : la chatouille supplémentaire qui fait que si j'ai le choix entre les deux, il y en a un qui me semblera meilleur. Mais attention : la différence n'est que de degré, non de nature. Et le plaisir en mouvement, instable par définition, n'est pas préférable - c'est même le contraire. Ainsi, un ventre bien rempli (même de vieilles croûtes) est toujours une bonne chose - une baise formidable mais potentiellement source de complications, non. L'hédonisme épicurien est donc une ascèse.&lt;br /&gt;Sur le problème du temps, les épicuriens introduisent un peu de subtilité là aussi. Pour que la jouissance ait lieu, il faut quand même un minimum d'anticipation - justement parce que tout n'est pas forcément à choisir dans l'éventail des plaisirs supposés. Alors l'épicurien soupèse ses désirs, les évalue en fonction de leur dangerosité, les classe - s'agit-il d'un désir naturel (manger) ou artificiel (devenir une rock-star), nécessaire (toujours manger mais aussi pratiquer la philosophie) ou non nécessaire (sauter la petite blonde, boire une douzième bière) ? La pratique philosophique est supposée entraîner l'élève épicurien à effectuer ce type de calcul, pour le conduire sur la voie de la vie heureuse, celle qui sera débarrassée de la souffrance et pleine des vrais plaisirs...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne rentre pas davantage dans le détail, tout ce qui précède est un aperçu grossier. Disons pour résumer que l'hédonisme est une aspiration, tandis que l'épicurisme est une éthique. Il y a bien d'autres exemples d'éthiques, antiques ou modernes, qui cherchent à encadrer l'hédonisme pour le rendre possible. On peut y trouver un appui - ou pas. En ce qui me concerne, je suis assez peu prescriptive...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-3303205799125059918?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/3303205799125059918/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/08/hedonisme-contre-epicurisme-le-choc-du.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/3303205799125059918'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/3303205799125059918'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/08/hedonisme-contre-epicurisme-le-choc-du.html' title='Hédonisme contre épicurisme, le choc du combat du retour de la mort'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-65025959925976250</id><published>2011-08-17T02:37:00.000-07:00</published><updated>2011-08-17T02:39:35.400-07:00</updated><title type='text'>La fixette amoureuse</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est bien joli de repérer les pièges de l'amuur, mais ça n'empêche pas toujours de tomber dedans. Il y a des relations avec lesquelles les accommodements raisonnables sont difficiles - impossibles peut-être. &lt;br /&gt;Ces relations ne sont ni plus belles ni plus profondes ou "sérieuses" (quel drame tout de même d'utiliser le même vocable pour désigner la vie affective et les impératifs fiscaux...), elles sont principalement plus encombrantes. On aime, on ne sait pas quoi en faire, et rien n'allège jamais le poids du sentiment éprouvé. La crise de folie érotique, plaisante le plus souvent, prend alors la forme d'une vilaine crise de foie.&lt;br /&gt;Ces relations-là ont pour particularité de ne jamais bien se dérouler. Ce qui est assez logique si l'on considère comme l'auteur de ces lignes que l'affectif bien vécu entre adultes raisonnables éclaire et enjolive l'existence au lieu de la plomber. Auquel cas, il peut accompagner nos autres pensées ou activités, en leur donnant une jolie coloration bleu ciel - mais il ne s'y superpose pas comme un vilain pâté. L'amour serein sait se faire oublier ; la fixette amoureuse, nourrie par le manque, l'insatisfaction, le doute et la peur, oblitère tout ce qui n'est pas elle. Elle s'accroche comme le ténia, elle absorbe, elle contamine de son fiel les idées les plus enthousiasmantes, les projets les plus honorables.&lt;br /&gt;Aucun remède à cet état. La victime de la fixette ne peut que ronger son frein, le temps seul saura affaiblir le parasite - jusqu'à ce qu'il ne soit plus, un jour, qu'un bien mauvais souvenir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-65025959925976250?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/65025959925976250/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/08/la-fixette-amoureuse.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/65025959925976250'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/65025959925976250'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/08/la-fixette-amoureuse.html' title='La fixette amoureuse'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-1899035914222093977</id><published>2011-06-25T01:59:00.000-07:00</published><updated>2011-06-25T02:19:59.666-07:00</updated><title type='text'>Pudeur, justice et autres choses oubliées</title><content type='html'>Sincèrement, Platon, on en revient.&lt;br /&gt;J'en suis revenue moi-même, depuis ma découverte des sagesses hellénistiques qui mériteraient à mon humble avis de recueillir ne serait-ce que le dixième de l'attention actuellement dévolue par nos penseurs de tout poil au divin fondateur de l'Académie.&lt;br /&gt;Platon, ce fasciste génial, dont la langue splendide dissimule (assez mal quand on le lit exhaustivement) une propension au sophisme qui personnellement m'indispose.&lt;br /&gt;Platon surtout coupable à mes yeux d'avoir si bien jeté le trouble sur la valeur de l'expérience humaine qu'il faudra des siècles avant que la perspective empiriste sur le monde retrouve enfin droit de cité.&lt;br /&gt;Mais mon anti-platonisme primaire ne va pas jusqu'à nier la présence, dans les pages des dialogues, de pépites d'intelligence que tous, nous gagnerions à méditer quand l'horizon social et politique s'obscurcit.&lt;br /&gt;Il se trouve que ces perles éclosent souvent dans la bouche des adversaires de Socrate - évidemment de mon point de vue ce n'est pas une coïncidence. Car je suis convaincue que les sophistes profèrent une parole bien plus juste sur l'humain - plus juste et, pour cette raison, plus difficile à entendre. Cherchez le scandale, trouvez la vérité - morale cynique que je fais souvent mienne.&lt;br /&gt;Le &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Protagoras&lt;/span&gt; contient l'un de ces trésors pour la pensée. Considérons le passage dans lequel le sophiste Protagoras, devant un parterre enchanté et soumis, décrit sous forme d'un mythe les débuts de l'humanité (320-321c). L'histoire est bien connue : le titan Epiméthée partage entre toutes les créatures vivantes les différentes facultés, mais oublie l'être humain, qui se trouve nu, sans aptitude spécifique et sans défense. Son frère Prométhée, par le vol du feu et des techniques, apanages des dieux olympiens, sauve l'humanité d'une mort certaine en lui permettant par son travail de pallier sa faiblesse naturelle ; Zeus punit cruellement Prométhée de son larcin.&lt;br /&gt;Mais ne négligeons pas la fin du mythe - sa partie la plus remarquable. Car Zeus ne se contente pas de châtier Prométhée. Il parachève l'oeuvre du titan, en dotant les hommes des deux vertus sans lesquelles les capacités techniques nouvellement acquises ne feraient que les armer les uns contre les autres dans une guerre fatale pour l'espèce. Ces deux vertus, la justice et la pudeur, sont pour le sophiste Protagoras les conditions nécessaires pour toute vie sociale harmonieuse.&lt;br /&gt;En ce qui concerne la justice, point n'est besoin d'être grand clerc pour en saisir la nécessité. La justice, c'est à dire les lois mais également l'instance capable de les faire respecter, de neutraliser celui qui les enfreint en protégeant ceux qui les respectent, est évidemment indispensable.&lt;br /&gt;Mais pourquoi la pudeur ? C'est bien dans l'adjonction de cette seconde vertu que réside le génie du texte. Car l'appareil judiciaire le plus coercitif du monde n'est rien, ne sert à rien, s'il n'est pas accompagné d'une crainte presque sacrée d'attirer en mauvaise part l'attention sur soi ; si donc la pudeur ne vient pas réfréner le désir commun à tous de se hausser du col, de faire le malin, d'exhiber son pouvoir, ses privilèges, ses supposés talents.&lt;br /&gt;La justice est toujours un voeu pieux. Les lois sont toujours contournées, bafouées, et chacun s'en accommode tant bien que mal dans ce grand jeu de dupe qu'est la démocratie. La révolte ne gronde réellement qu'à partir du moment où les infractions se font au grand jour, sans crainte ni du gendarme ni de la réprobation de ses concitoyens. On pardonne au voleur, parfois même au criminel. Mais on s'indigne du sans-gêne insupportable de celui qui fraude, vole ou tue publiquement, sans rougir, en toute quiétude. Alors disparaît le pacte social ; alors, les jours du souverain sont comptés.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-1899035914222093977?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/1899035914222093977/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/06/pudeur-justice-et-autres-choses.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/1899035914222093977'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/1899035914222093977'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/06/pudeur-justice-et-autres-choses.html' title='Pudeur, justice et autres choses oubliées'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-652804596111010259</id><published>2011-05-24T08:47:00.000-07:00</published><updated>2011-05-25T01:44:41.844-07:00</updated><title type='text'>Arachnophilia</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-CD5gTjpSxJM/TdvTOqtXUrI/AAAAAAAAABA/h9f6nss78oo/s1600/tatouage.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 275px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-CD5gTjpSxJM/TdvTOqtXUrI/AAAAAAAAABA/h9f6nss78oo/s320/tatouage.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5610310009756275378" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Terrifiant ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou magnifique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi la plupart des gens ont-ils une peur panique de ces bestioles que je trouve fascinantes - et séduisantes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être sont-ils effrayés par leur étrangeté - les araignées ne ressemblent en rien à l'humain, il est quasiment impossible de les passer au crible de l'anthropomorphisme...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beauté de ce corps ciselé comme un bijou, beauté de ces pattes harmonieuses, proportionnées, d'une hallucinante finesse, beauté de ces attaches fragiles, beauté de cette souplesse féline quand l'araignée se déplace... Beauté de ces constructions éphémères qu'elle offre, ces fantaisies géométriques sidérantes d'ordre et de folie...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-652804596111010259?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/652804596111010259/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/05/arachnophilia.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/652804596111010259'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/652804596111010259'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/05/arachnophilia.html' title='Arachnophilia'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-CD5gTjpSxJM/TdvTOqtXUrI/AAAAAAAAABA/h9f6nss78oo/s72-c/tatouage.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-6940663661904676989</id><published>2011-05-10T12:58:00.000-07:00</published><updated>2011-05-10T13:09:18.407-07:00</updated><title type='text'>On ne peut pas s'aimer à l'arrière d'un taxi</title><content type='html'>La soirée fut belle, comme toujours.&lt;br /&gt;Elle n'aura pas de suite.&lt;br /&gt;Car, comme toujours bien sûr, la liberté a le goût un peu amer des ruptures.&lt;br /&gt;L'amertume a du charme, en l'occurrence. Le charme sent l'alcool fort, le cuir, l'obscurité, et le charme s'achève demain.&lt;br /&gt;Demain qui est déjà là, car la nuit est très avancée.&lt;br /&gt;Le taxi les emporte, ensembles - et déjà ils sont seuls. Leurs cuisses se touchent, leurs mains se nouent, mais le lien est coupé.&lt;br /&gt;Et pourtant le corps n'a pas encore accepté ce que l'esprit lui dicte, et la mémoire lui revient, entêtante, favorisée par cette nuit, par cette odeur, par la chaleur qui émane de l'autre.&lt;br /&gt;Les mains se promènent et retrouvent un chemin bien connu, plusieurs fois parcouru dans la fièvre et la joie. On pourrait, si l'on voulait...&lt;br /&gt;On veut, bien entendu. On chuchote, on sourit, on aimerait jouer ce dernier jeu, avoir cette crânerie de sale gosse qui fait sa dernière bêtise. &lt;br /&gt;Mais on ne peut pas s'aimer à l'arrière d'un taxi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand l'autre, arrivé à destination, s'éloigne, grignoté peu à peu, on se dit que c'est mieux. Mais on n'en pense pas moins...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-6940663661904676989?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/6940663661904676989/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/05/on-ne-peut-pas-saimer-larriere-dun-taxi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6940663661904676989'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6940663661904676989'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/05/on-ne-peut-pas-saimer-larriere-dun-taxi.html' title='On ne peut pas s&apos;aimer à l&apos;arrière d&apos;un taxi'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-1073978901672886577</id><published>2011-04-25T04:47:00.000-07:00</published><updated>2011-04-25T04:57:56.056-07:00</updated><title type='text'>Fumeuse</title><content type='html'>Elle fume.&lt;br /&gt;Le matin, quand il fait frais, que tout est encore silencieux dans les rues, et que le cliquetis du briquet au fond de sa poche réveille l'envie de fumer.&lt;br /&gt;Avec le café de midi, entourée de collègues et de camarades qui goûtent également le plaisir d'en "griller une", sous le regard désapprobateur des abstinents de passage.&lt;br /&gt;Le soir, sur le balcon, en regardant tomber la lumière qui, devenue rasante, nimbe de rose les sureaux du jardin.&lt;br /&gt;La clope est parfois frénétique, parfois contemplative. Tantôt elle accompagne le mouvement d'humeur, la rage, le chagrin ; la main tremble en l'allumant, la bouche se pince et l'on tire pour aspirer le poison qui détendra, c'est certain - rassurant, bienfaisant poison...&lt;br /&gt;Tantôt elle ponctue le moment d'accalmie, l'esprit se pose en sa compagnie dans une contrée paisible et enroule de claires pensées tout au long du fil de fumée qui monte, tranquille...&lt;br /&gt;Elle fume, et souhaiterait qu'on lui tolère ce plaisir vénéneux qui l'habille et la protège... De quoi ? De la nudité triste d'une journée sans cigarette.&lt;br /&gt;Fumer tue, certes ; mais l'idée même que chaque bouffée la rapproche peut-être de la fin ajoute encore à la jouissance tranquille qu'elle éprouve à se donner, quotidiennement, cette petite mort parfumée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-1073978901672886577?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/1073978901672886577/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/04/fumeuse.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/1073978901672886577'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/1073978901672886577'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/04/fumeuse.html' title='Fumeuse'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-7183817791673227906</id><published>2011-04-01T11:48:00.000-07:00</published><updated>2011-04-01T11:49:43.002-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-7183817791673227906?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/7183817791673227906/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/04/un-bien-beau-chagrin.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/7183817791673227906'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/7183817791673227906'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/04/un-bien-beau-chagrin.html' title=''/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-329733846532797438</id><published>2011-03-31T12:08:00.001-07:00</published><updated>2011-03-31T12:23:09.016-07:00</updated><title type='text'>Moins qu'hier et plus que demain</title><content type='html'>Elle descend du wagon malodorant, elle heurte du bout de son talon le quai sale et manque de trébucher. Elle sort de la station, franchit la distance qui la sépare de l'arrêt de bus, prochain passage dans huit minutes. Elle aurait le temps de fumer une cigarette mais il est encore tôt, et les battements de son coeur sont si violents qu'elle risque la nausée. Elle reste plantée, l'oeil vide, sous le rayon de soleil timide qui ne parvient pas à la réchauffer. Mais elle sait bien que ce n'est pas le froid qui la fait ainsi trembler.&lt;br /&gt;Au bout d'une attente qui lui semble interminable, le bus glisse et s'arrête sous son nez dans un chuintement désagréable. Elle se hisse sur le marchepied, l'odeur de caoutchouc tiède et de sueur lui saute au visage et la fait reculer comme l'impact d'une main qui gifle.&lt;br /&gt;Elle s'assied après avoir vérifié qu'elle ne lésait ni femme enceinte ni vieillard ni bancroche, et sort machinalement son téléphone de son sac. Aucun message, et le vide de son écran contraste douloureusement avec le flot de pensées angoissées et absurdes qui se bousculent dans son cerveau. Elle s'oblige à ne pas réfléchir, elle se répète comme une invocation que tout cela n'a aucune espèce d'importance, qu'il fait beau, qu'elle a bien d'autres préoccupations que cette question qui la déchire sans trève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin c'est son arrêt, elle descend rapidement et absorbe avec reconnaissance une goulée d'air frais. Elle se hâte à présent, ses pieds tricotent avec agilité, et le claquement de ses chaussures tinte et sonne dru ; elle puise dans ce rythme un nouveau courage et presse encore le pas un peu plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En arrivant devant l'entrée du bâtiment, elle ralentit, et son coeur saute à nouveau, survolté, furieux comme une guêpe sous un verre retourné avant le début de l'asphyxie. Elle prend le temps de se poser, allume une cigarette, inspire longuement la fumée, la recrache avec un sérieux émouvant, comme si cet empoisonnement qu'elle s'inflige avec volupté possédait une vertu lénifiante, comme si le panache gris qui s'élève sous ses yeux avait le pouvoir de calmer ce monstre qui, à son oreille, la menace des pires choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle écrase son mégot, entre, traverse le couloir. Plus loin elle aperçoit la porte du bureau, ouverte ; enfin, son coeur s'apaise, enfin elle se détend.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-329733846532797438?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/329733846532797438/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/03/moins-quhier-et-plus-que-demain.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/329733846532797438'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/329733846532797438'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/03/moins-quhier-et-plus-que-demain.html' title='Moins qu&apos;hier et plus que demain'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-6147824665080276911</id><published>2011-03-11T23:49:00.000-08:00</published><updated>2011-03-11T23:58:16.005-08:00</updated><title type='text'>Tu n'es pas féministe, mais...</title><content type='html'>- tu votes à chaque scrutin ; il t'est peut-être même arrivé de figurer sur une liste municipale ou législative.&lt;br /&gt;- tu as un compte bancaire à ton nom, que tu as pu ouvrir sans l'autorisation d'un tuteur légal, père ou mari.&lt;br /&gt;- tu verses sur ce compte le fruit de ton travail, qui t'appartient en propre.&lt;br /&gt;- tu as reçu une instruction identique à celle de tes frères et cousins.&lt;br /&gt;- tu as peut-être passé des concours auxquels ta grand-mère, voire ta mère, n'auraient même pas eu le droit de s'inscrire.&lt;br /&gt;- tu utilises un moyen de contraception.&lt;br /&gt;- ton ou ta partenaire est celui/celle de ton choix, et nul n'a le droit de t'imposer une union que tu ne souhaites pas.&lt;br /&gt;- tu as pu porter plainte contre ton violeur, et espérer qu'il rende compte de son acte devant la justice.&lt;br /&gt;- tu conduis une voiture, pratiques une activité sportive, fumes dans la rue, bois des bières en terrasse, portes des pantalons, sans qu'on puisse y trouver à redire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu n'es pas féministe, mais le respect de ton intégrité corporelle, de ta dignité sociale, de ta personne, sont le fruit d'un combat porté par le mouvement féministe à l'époque pas si lointaine où la majorité silencieuse ne se souciait pas de ces choses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, mon amie, ma soeur, personne ne te demande de manifester ou de militer - c'est également ton droit de ne pas t'impliquer directement dans cette lutte. Mais ne pourrais-tu, au moins, avoir la reconnaissance du ventre, et ne plus mépriser celles et ceux grâce à qui tu jouis de tous ces droits ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-6147824665080276911?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/6147824665080276911/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/03/tu-nes-pas-feministe-mais.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6147824665080276911'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6147824665080276911'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/03/tu-nes-pas-feministe-mais.html' title='Tu n&apos;es pas féministe, mais...'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-2350287386942106618</id><published>2011-02-12T02:03:00.000-08:00</published><updated>2011-02-12T02:37:21.783-08:00</updated><title type='text'>Vertiges de l'amour, prodiges du désir, merveilles de l'amitié</title><content type='html'>"Eviter de se jeter dans les pièges de l'amour / n'est pas aussi difficile que, captif des rets mêmes, / de s'échapper, et rompre les noeuds solides de Vénus." Lucrèce, DRN (IV 1146-1149)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parlons un peu d'amour.&lt;br /&gt;Ou plutôt, n'en parlons pas, mais scrutons-le de plus près. Et distinguons-le de ses comparses, le désir et l'amitié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'amour est un sentiment négatif, placé sous les égides cruelles de la perte et de la dépendance. Perte de soi, dépendance à l'Autre, cet Elu (souvent bien malgré lui), dont on attend... tout. Dans le désordre joie, bonheur, plaisir, raison d'exister. Et c'est bien pourquoi l'amour est par nature une émotion décevante. Un élan qui se trompe de cible, une déflagration hormonale dont les retombées, toujours blessantes, choisissent pour principale victime celui ou celle qui est à l'origine de la première impulsion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du moins l'amour tel qu'on se plaît à nous le vendre. Sans doute la proximité de la Saint-Valentin, cet hymne mondial à la niaiserie, fait-elle ressortir le vide, le néant abyssal de cette émotion pitoyable qui aujourd'hui tient socialement lieu de communion des âmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le désir, double familier de cet amour qui ne peut s'épanouir que dans le sucre, le rose et les orgies nuptiales du "plus beau jour de votre vie", est en réalité beaucoup moins hypocrite. Pour peu que justement on ne le nimbe pas de voiles amoureux mal appropriés, il donne à peu près ce qu'il a promis.&lt;br /&gt;On me dira que souvent, c'est bien peu. Rien de plus répétitif, de moins surprenant, de moins exaltant qu'un orgasme quand on a la chance d'avoir une vie sexuelle un tant soit peu satisfaisante au sens technique du terme. La petite trépidation de la machine corporelle ne dure jamais que quelques secondes, quel que soit l'effort mis en oeuvre pour la déclencher.&lt;br /&gt;Mais il vaut parfois (souvent ?) mieux cette secousse dérisoire mais réelle, que l'apothéose illusoire fantasmée par les amants.&lt;br /&gt;Et puis, il reste bien apaisant, pour l'âme qui s'est perdue aux vertiges de Cupidon, de trouver un peu de réconfort sous l'aile bienveillante d'Eros.&lt;br /&gt;C'est en ce sens que le désir est prodigieux ; en ce qu'il aboutit, avec une certitude palpable, au plaisir, pour qui sait suivre sa courbe sans détourner le regard, sans se laisser distraire. Quand bien même le corps désiré se refuserait, il nous reste toujours cette bienfaisante masturbation, ce réconfort de l'humanité depuis la première migraine du couple cro-magnon. Et je ne suis pas de celles qui considèrent que le plaisir solitaire est de qualité inférieure, de moindre valeur que le plaisir partagé. L'intensité de l'orgasme diffère bien peu dans les deux cas ; l'écart se joue plutôt dans l'avant et surtout dans l'après - dans le partage qui suit un moment érotique réussi entre deux individus animés de bonnes intentions l'un vis-à-vis de l'autre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est là qu'intervient la merveilleuse, la divine amitié : le véritable lien de deux coeurs qui se reconnaissent, qui se dévoilent l'un à l'autre gratuitement, qui ne se font d'autre promesse que celle d'un tendre compagnonnage.&lt;br /&gt;En amitié, pas de Prince Charmant ni de Princesse Merveilleuse ; l'individu qui seul comblerait tous nos désirs et nous rendrait dignes d'être au monde n'existe pas, et cette constatation qui perd les amants sauve pour toujours les amis.&lt;br /&gt;Remarquons enfin comme ils le méritent ces quelques êtres chers, dont la présence à nos côtés améliore singulièrement la qualité du paysage environnant. Ces amis - qui peuvent aussi bien jouer le rôle de frères d'arme que de conjoints, pour les plus chanceux d'entre nous - nous les avons choisis non pour ce que nous rêverions qu'ils soient, mais pour ce qu'ils sont en vérité. Dans leur regard, nous nous voyons tels que nous sommes, aimés pour ce que nous sommes, et non sommés de correspondre à un idéal érotique écrasant. Dans leurs bras, sur leur épaule, nous trouvons la chaleur, la complicité, l'oubli des duretés de la vie.&lt;br /&gt;Et si parfois ces amitiés s'accompagnent de quelques beaux élans de la chair, la masturbation réciproque qu'est souvent l'acte sexuel devient alors une nouvelle conversation, juste un peu plus intime que celles menées autour d'une table. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien de désillusions, d'amertumes, de reproches pourraient s'épargner les couples s'ils arrivaient à s'apprécier comme des amis, et à jouir pleinement du bonheur de cette magnifique amitié sexuelle qu'est l'amour conjugal, au lieu de se perdre dans les pièges de l'amour romantique, cette compétition sordide à celui qui aime le plus, qui donne le plus, qui sacrifie le plus...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jouissons sans regrets de la douce réciprocité amicale. Cessons de rêver que nous touchons les nuages ; restons sur terre, et soyons heureux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-2350287386942106618?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/2350287386942106618/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/02/vertiges-de-lamour-prodiges-du-desir.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/2350287386942106618'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/2350287386942106618'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/02/vertiges-de-lamour-prodiges-du-desir.html' title='Vertiges de l&apos;amour, prodiges du désir, merveilles de l&apos;amitié'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-4564681201758039805</id><published>2011-01-15T08:02:00.000-08:00</published><updated>2011-01-15T08:21:46.352-08:00</updated><title type='text'>Devoir conjugal</title><content type='html'>Cette soirée sent le sexe.&lt;br /&gt;Au moment où, à peine rentré, il a ôté sa veste et s'est penché pour l'embrasser - baiser conjugal, habituel, anodin - l'envie l'a saisie.&lt;br /&gt;Quelque chose dans sa façon de le serrer contre elle, un frémissement de sa lèvre, une ondulation sournoise du bassin, l'a prévenu. Il a souri, étonné, amusé, elle lui a rendu son sourire avec un éclair pétillant et lubrique au fond de l'oeil.&lt;br /&gt;Ce soir.&lt;br /&gt;Quand l'enfant sera couché et dormira, du sommeil angélique qu'ont les petits monstres épuisés par les longues journées de maternelle.&lt;br /&gt;Ce soir, dans leur lit, sueur, salive et sperme, en plusieurs exemplaires si possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et voici que l'enfant est couché et qu'ils sont enfin seuls. Les baisers deviennent plus impatients et plus profonds. Ils s'enlacent, se touchent. Elle sent son sexe d'un coup se tremper et s'ouvrir pour accueillir l'engin solide et chaud qu'elle a commencé, gentiment, à branler - comme il aime qu'elle le branle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enfant s'agite, appelle ; il réclame un verre d'eau. Minute flottante, ils s'observent ; elle contemple avec désespoir la protubérance qu'elle choyait il y a quelques secondes et qui, trop visible, lui interdit d'aller lui-même consoler leur progéniture. Elle remet sa culotte, son pantalon, file chercher le verre d'eau réclamé, réconforte, embrasse - mère attentive torturée par cette furieuse envie de baiser qui l'obsède encore au moment où ses lèvres murmurent des paroles d'apaisement. &lt;br /&gt;L'enfant se recouche, promet de dormir, il est tard à présent mon coeur, bonne nuit et à demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il l'attend, elle l'empoigne. Il n'a pas trop débandé, elle se penche, l'attrape dans sa bouche, lèche en miaulant de convoitise. Il se laisse aller en arrière, appuyé sur les oreillers, ferme les yeux, souffle et murmure des mots affectueux et obscènes pour l'encourager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un bond elle se redresse et rabat la couette sur lui, juste à temps pour cacher sa queue violette d'excitation. L'enfant gratte à la porte, tire sur la poignée, pleurniche, lamentable, pieds nus, apeuré. Elle se précipite, l'emporte dans ses bras en grondant tendrement. Mon petit coeur, mon lapin, tu vas attraper froid, retourne donc au lit.&lt;br /&gt;L'enfant pleure plus fort encore, et seul un long câlin peut à présent l'aider à trouver le sommeil. &lt;br /&gt;Résignée, elle s'allonge à ses côtés dans le petit lit bleu, et le serre contre sa poitrine en rappelant à sa mémoire la berceuse qu'il préfère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enfant est assoupi. Elle se lève, très doucement pour ne pas l'éveiller, éteint la lampe, traverse le couloir, rentre dans leur chambre. Il s'est écroulé au travers du lit et dort lui aussi, écrasé, inerte et flasque.&lt;br /&gt;Elle se couche à ses côtés, remonte la couette et, muette, se branle avec l'application triste de ceux que le sort abandonne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-4564681201758039805?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/4564681201758039805/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/01/devoir-conjugal.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/4564681201758039805'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/4564681201758039805'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/01/devoir-conjugal.html' title='Devoir conjugal'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-4002200853780605243</id><published>2011-01-05T05:21:00.000-08:00</published><updated>2011-01-05T05:29:22.863-08:00</updated><title type='text'>Elle ne fait pas l'amour, elle baise</title><content type='html'>Faire l'amour...&lt;br /&gt;Expression que je trouve depuis toujours profondément dégueulasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'abord, faire, c'est technique. Et ça implique de ce fait un geste, une maîtrise qui me font immédiatement penser à ces insupportables partenaires, qui se penchent sur vous, l'oeil lubrique, en murmurant : "tu vas voir, toi, tout ce que je vais te faire comme trucs..."&lt;br /&gt;Moi, je n'aime pas vraiment qu'on me "fasse des trucs". Parce que ça me donne l'impression de passer une visite médicale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais encore, admettons. Admettons que le sexe, ça consiste à faire et se faire faire des trucs. Pourquoi, alors, ces différents trucs, plus ou moins agréables s'ils sont bien "faits", devraient s'identifier à "l'amour" ???&lt;br /&gt;Pourquoi diable mêler de force l'amour à ce genre d'exercice ?&lt;br /&gt;Quel rapport y a-t-il donc, entre deux individus adultes et (on l'espère) consentants, jouissant de leurs corps avec enthousiasme, et cette nébuleuse affective qu'on appelle traditionnellement "amour" ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décidément, non, je ne fais pas l'amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je baise. Quel joli mot ! Comme il décrit bien cet élan qui nous fait embrasser de tout notre corps le corps que l'on convoite !&lt;br /&gt;Et comme il maintient bien cet embrassement à sa juste place : un baiser plaisant, joyeux, animal, serein...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour l'amour, on verra bien.&lt;br /&gt;Avant, après, parfois même pendant que je baise, il m'arrive aussi d'aimer. Mais je crois sincèrement qu'en cette matière, l'humanité gagnerait à éviter de hasardeux mélanges conceptuels, en s'abstenant de faire l'amour.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-4002200853780605243?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/4002200853780605243/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/01/elle-ne-fait-pas-lamour-elle-baise.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/4002200853780605243'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/4002200853780605243'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/01/elle-ne-fait-pas-lamour-elle-baise.html' title='Elle ne fait pas l&apos;amour, elle baise'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-6984764778202294387</id><published>2011-01-05T04:50:00.000-08:00</published><updated>2011-01-05T05:07:57.254-08:00</updated><title type='text'>être femme, être fendue</title><content type='html'>"Le corps de la femme n'a pas de verrou pour fermer la sente qui conduit au centre de son corps, à ce lieu d'elle-même qui lui appartient autant que ses mains, ses yeux ou ses cheveux, mais qu'elle ne connaît pas, qu'elle ne contrôle pas". Marie Cardinal, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Autrement dit&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;La seule fragilité intrinsèque du corps féminin réside dans cette ouverture si délicate à contrôler.&lt;br /&gt;Ironie linguistique, on décrit la zone qui encadre cette trouée par une métaphore architecturale particulièrement trompeuse : le plancher pelvien. De là à conclure qu'une femme ne peut avoir que de mauvaises fondations...&lt;br /&gt;C'est de fait un animal bien curieux, que celui qui a son plancher, c'est à dire son sol, sa base, sous son ventre, c'est à dire au milieu de son corps. Si le plancher est au centre, l'assise, la stabilité de cet être bizarrement conformé par la nature sont perpétuellement menacées. Et les jambes sont réduites à des appendices superflus, télescopiques ou rétractables, comme si l'espace du ventre constituait le tout de la femme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant et après l'accouchement, le problème ne vient pas de ce qui pourrait "entrer" par cette fente (comme dans le cas du coït, consenti ou non), mais de ce qui risque d'en sortir (un bébé, et ensuite des organes qui ne sont plus retenus dans leur descente). L'urgence, donc, dans les semaines et les mois qui suivent la parturition, est de reconstruire (restons architectes) ce plancher pelvien, donc de réussir la prouesse qui consiste à faire du fermé avec du perçé, et du dur avec du mou. Le maintien en question est en effet strictement musculaire, et non intrinsèque à l'organe ; il peut se renforcer ou s'affaiblir, il est susceptible de variations.&lt;br /&gt;Une femme qui fonctionne "bien" est ouverte, mais pas trop ; elle doit laisser entrer des pénis, elle doit retenir ce qui n'a pas à sortir. &lt;br /&gt;Elle se voit donc transmettre une responsabilité vis à vis de cette partie de son corps ; si le périné demeure béant, c'est qu'il n' a pas été correctement rééduqué, elle l'a traité avec laxisme, comme un petit animal indocile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pu entendre une sage-femme souriante et pleine de bonne volonté expliquer, lors d'une séance de préparation à l'accouchement, que dorénavant, les exercices qu'elle nous enseignait seraient à mettre en oeuvre toute notre vie. Toute notre vie...&lt;br /&gt;Toute une vie à resserrer et relâcher spasmodiquement son périné à chaque instant de loisir. Et à s'en vouloir de ne pas le faire, bien évidemment...&lt;br /&gt;Quel être humain autre que la femme qui a enfanté se trouve ainsi tenu, sous peine de déréliction interne, d'entretenir une telle attention, constante, vis à vis de son ventre et de son sexe ?&lt;br /&gt;On apprend donc à la femme à garder, avec une vigilance permanente, ce sentiment que son corps est troué.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-6984764778202294387?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/6984764778202294387/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/01/etre-femme-etre-fendue.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6984764778202294387'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6984764778202294387'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/01/etre-femme-etre-fendue.html' title='être femme, être fendue'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-3593992229072676249</id><published>2011-01-05T04:19:00.000-08:00</published><updated>2011-01-05T04:45:45.789-08:00</updated><title type='text'>Naissance, horreur et rancune</title><content type='html'>Petite précision préalable : le texte qui va suivre est sans doute assez dur.&lt;br /&gt;Il est à la fois le reflet d'une expérience singulière et subjective, et le fruit de plusieurs années de cogitations sur la question. Il s'est enrichi de témoignages recueillis à droite et à gauche, d'échanges, de discussions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En d'autres termes : non, il ne décrit pas la réalité ultime de l'accouchement en général. Oui, la naissance d'un enfant peut être une grande fête du corps et de l'esprit, merci, je suis au courant.&lt;br /&gt;Mais parfois (souvent ?), ce n'est pas le cas. J'écris pour cette deuxième catégorie de femmes ; la première peut d'ores et déjà ranger ses souvenirs lumineux et sucrés dans son tiroir à souvenirs personnel, en s'abstenant de venir en faire part ici, merci beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'accouchement est une expérience de solitude et de mort.&lt;br /&gt;Un sacrifice de soi ; sacrifice relativement consenti, jusqu'au moment où la femme en gésine se rend compte de ce qui est en train de se passer. Alors commence une lutte féroce entre la mère et son enfant.&lt;br /&gt;La mère refuse ce qui lui arrive ; elle refuse la douleur, elle refuse de devenir mère avec tout ce que cela implique, elle refuse les humiliations liées à l'environnement médical dans lequel elle est plongée jusqu'au dessus du cou.&lt;br /&gt;Car la médicalisation de l'accouchement reste un bastion solide de l'emprise sociale sur les femmes.&lt;br /&gt;Il s'agit d'être compliante ; se coucher, faire le dos rond, marcher, se faire sonder, se faire visiter par de multiples doigts gantés qui viennent évaluer l'avancement du travail, en un mot : obéir. Parce qu'il doit sortir, cet enfant. Et rien ne peut empêcher cette sortie, à ce moment précis. On la forcera s'il le faut.&lt;br /&gt;Le corps de la femme est donc humilié, au moment même où l'on devrait l'exalter, simplement pour lui insuffler l'héroïsme nécessaire - l'héroïsme qui permettrait d'assumer jusqu'au bout le sacrifice qui est en train d'avoir lieu.&lt;br /&gt;Mais la soumission semble un moyen plus commode ; soumission à la souffrance, acceptation de l'ouverture d'où glissera l'enfant dans le sang et les cris.&lt;br /&gt;Quitte à recourir à la technique si la soumission se fait mal - ou bien au mauvais moment, trop tôt, trop tard. Et l'instrument, guidé par la main de celui qui sait, sage-femme ou obstétricien, terminera l'ouvrage.&lt;br /&gt;Dans les minutes qui suivent, la femme ressent un curieux mélange de désespoir et de soulagement. La porte a été franchie, quelque chose a eu lieu d'irréversible, de terrifiant.&lt;br /&gt;La douleur s'apaise progressivement, remplacée par une gêne diffuse. Le corps reste lourd, encombrant, alors même qu'il est vidé. Le bébé est comme un rêve, entre deux ordres du réel, ni dans le ventre, ni dans le creux des bras, quelque part plus loin...&lt;br /&gt;Il est autre, il nous regarde, nous le regardons, cet être que nous ne sentons plus en nous ; ce qui naît à cette minute, depuis toujours, ce n'est pas seulement un être humain ; c'est la spéculation comme telle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette spéculation s'incarne dans un homme (fille ou garçon), qui doit son existence à la soumission de sa mère. Pour naître nous devons forcer le passage et enfoncer une porte, en détruisant toujours un peu ce qu'il y a autour.&lt;br /&gt;Les femmes taisent cependant leur colère, soit d'elles-mêmes, soit (le plus souvent) parce qu'elles reçoivent, en même temps que leur poupon nettoyé, une injonction terrible à pardonner.&lt;br /&gt;Pardonner à l'enfant, aimer l'enfant. S'aimer soi-même, à nouveau, alors qu'on s'est vécue défaillante, souillée, niée. Reprendre une vie mondaine, sexuelle, affective.&lt;br /&gt;Et pour que l'injonction paraisse moins insurmontable, on prétend que les femmes sont "fortes" ; ce qui signifie en réalité qu'on attend d'elles qu'elles le soient, qu'il faut qu'elles le soient pour endurer la maternité et accepter, si possible plusieurs fois, d'être "forcées".&lt;br /&gt;Mais cette force qu'on invoque est pourtant effrayante pour ceux qui la réclament. Il faut à la fois l'endosser et la taire ; à la sidération de la naissance, succède l'auto-censure de la mère, qui serait de toute façon bien en peine de dire ce que nul n'a dit avant elle, ce qu'elle n'a jamais entendu.&lt;br /&gt;N'ayant pas de véritable soubassement culturel articulé, ni littérature, ni tradition narrative ou réflexive qui tienne la route, la jeune mère ne peut s'inscrire que dans de l'empirique, du "vécu", du "ressenti", souvent compassionnel et mièvre.&lt;br /&gt;On comparera avec effroi ce vide à l'abondance de la littérature dite héroïque ou épique ; l'épopée maternelle, elle, n'intéresse personne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-3593992229072676249?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/3593992229072676249/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/01/naissance-horreur-et-rancune.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/3593992229072676249'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/3593992229072676249'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2011/01/naissance-horreur-et-rancune.html' title='Naissance, horreur et rancune'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-372667524396336877</id><published>2010-12-15T00:17:00.000-08:00</published><updated>2010-12-15T00:28:39.397-08:00</updated><title type='text'>Le corps "après"</title><content type='html'>Peut-on sans peur du cliché évoquer la métaphore du "champ de ruines", pour décrire le corps "après" ?&lt;br /&gt;L'enfant laisse derrière lui un corps traversé, un corps ouvert. Cette ouverture s'irrite, parfois s'infecte. Le sexe est une plaie - qui n'est jamais qu'une autre forme d'ouverture... Dans l'attente de la cicatrisation, l'accouchement est vécu comme une blessure ; existe-t-il un autre processus physiologique qui blesse à ce point le corps ? Une autre fonction corporelle à ce point traumatisante ?&lt;br /&gt;Traumatisante aussi esthétiquement parlant, bien sûr : le corps est laissé mou, vide, flasque. La rotondité gélatineuse des seins remplace celle du ventre ; il y a toujours une saillie, mais comme déplacée. Le chamboulement hormonal provoque également la chute des cheveux, les pertes de sang et de liquides divers, l'incontinence du fait de la déliquescence des tissus musculaires. Le corps est en mue, il se perd, il s'échappe.&lt;br /&gt;La mère elle-même a changé d'identité à la faveur de cette débâcle, puisqu'elle est effectivement passée de 1 à 2. On peut sans doute considérer que la transformation du corps est comme la somatisation de la petite crise schizophrénique qu'elle traverse. La violence du processus l'invite à penser son corps d'"avant" comme un paradis perdu.&lt;br /&gt;Elle doit alors se livrer à un réapprentissage d'elle-même, au moment exact où l'enfant, de son côté, explore et découvre les potentialités de ce corps nouveau, hors de la gangue maternelle. Réapprentissage de la miction, de la défécation, de la sexualité.&lt;br /&gt;Apprentissage parallèle de l'allaitement : les flux de lait, la manipulation du corps du bébé, les soins des tétons. Faire le deuil de certaines fonctions, en maîtriser de nouvelles.&lt;br /&gt;Mais surtout, redécouverte de l'écoulement de sang, qui avait disparu pendant ces longs mois de gestation. Et bientôt, redécouverte de l'attente des règles. Le temps cyclique reprend son cours, après la linéarité de la grossesse.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-372667524396336877?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/372667524396336877/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/le-corps-apres.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/372667524396336877'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/372667524396336877'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/le-corps-apres.html' title='Le corps &quot;après&quot;'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-8441338152118327873</id><published>2010-12-15T00:12:00.000-08:00</published><updated>2010-12-15T00:17:43.206-08:00</updated><title type='text'>Le corps "pendant"</title><content type='html'>La grossesse est une invasion consentie.&lt;br /&gt;Comment l'expérience était-elle vécue en l'absence de toute contraception ? Mais c'est là une fausse question : il y a toujours eu contraception - c'est à dire volonté de préserver la liberté, la jouissance privée de l'intime du corps.&lt;br /&gt;La grossesse est l'aliénation, la perte du soi ; la perte de ses propres limites, la perte de sa puissance d'agir. Elle est rythmée par le "je ne peux plus" ; je ne peux plus, jusqu'à un "après" assez hypothétique. Assez vite le "je ne peux plus" devient un "pourrai-je encore ?" Y aura-t-il un "après" ? Car l'expérience laisse des traces, pour certaines irréversibles. Il y aura bien un "après", mais qui ne sera plus comme l'"avant".&lt;br /&gt;Quel homme accepterait ?&lt;br /&gt;Et pourtant, avec quelle facilité on s'engage dedans !&lt;br /&gt;Inconscience ? Appel de l'espèce ? Ou structure mentale pétrie de dévouement ?&lt;br /&gt;Ou bien peut-être imagine-t-on gagner plus que ce que l'on se prépare à perdre ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-8441338152118327873?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/8441338152118327873/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/le-corps-pendant.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/8441338152118327873'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/8441338152118327873'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/le-corps-pendant.html' title='Le corps &quot;pendant&quot;'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-2002824996790214606</id><published>2010-12-14T23:48:00.000-08:00</published><updated>2010-12-14T23:51:04.743-08:00</updated><title type='text'>Enfanter ?</title><content type='html'>La grossesse et l'accouchement n'ont jusqu'à présent jamais été investis comme objets de réflexion par les philosophes. Ils sont, au mieux, intégrés dans des problématiques plus générales, politiques la plupart du temps, au pire fondus dans l'obscurité d'une expérience purement privée, impossible à universaliser – donc privée de toute dignité conceptuelle. Ainsi, ces moments pourtant si fréquents dans la vie de près de la moitié de notre espèce, lorsqu'ils sont (bien rarement) envisagés par le penseur, sont ramenés à ce dont ils sont supposés être les signes – l'aliénation sociale, la mainmise du patriarcat selon le féminisme universaliste traditionnel, ou bien la correspondance irréductible de la femme avec la nature pour une certaine rhétorique essentialiste – quand ils ne sont pas négligés au profit des questionnements bioéthiques concernant le statut de l'embryon ... &lt;br /&gt;Mais à ma connaissance il n'existe pas de tentative de penser, de saisir, de conceptualiser ces événements pour eux-mêmes, en tant qu'ils sont des réalités à comprendre et à interroger au premier degré, selon le point de vue de la personne qui les vit dans sa chair – la femme enceinte, puis la femme qui accouche. &lt;br /&gt;Bien sûr, il y a la maïeutique socratique – mais il ne s'agit pas là d'une réflexion, plutôt de l'usage brillant d'une image, elle-même considérée comme bien connue, transparente. Mais quelle image pourra nous faire saisir ce que c'est que mettre au monde un enfant ? Une fois dépassé le moment vertigineux de la copulation, lui-même fort bien décrit et analysé depuis l'Antiquité, on se trouve face à un océan totalement vierge pour l'esprit, qui s'étend à peu près de la nidation de l'oeuf dans l'utérus à l'allaitement du nouveau-né.&lt;br /&gt;La métaphysique de la parturition reste à construire. &lt;br /&gt;Cette béance terrible s'explique de plusieurs façons. On peut considérer qu'elle n'est qu'un exemple supplémentaire du refoulement du féminin hors de l'espace du pouvoir rationnel – espace traditionnellement occupé par la pensée masculine. Ceci est à ce point vrai que les quelques femmes philosophes à ce jour entrées au Panthéon du Logos ont soigneusement écarté de leur existence la possibilité de l'enfantement. On peut également trouver une raison « catégorielle » à cette absence. La grossesse, l'accouchement sont des expériences singulières – et par définition le singulier n'est pas d'un accès facile pour le philosophe. Il ne se soumet pas au crible du concept sans résistance. Il existe d'autres cas semblables : l'expérience du désir, celle de la douleur ou de la mort. Mais ces dernières n'ont pas été à ce point laissées de côté. Sans doute parce que les hommes vivent, tous, le désir, la douleur, et la mort. On a donc avec la grossesse le problème d'une expérience singulière qui n'est pas propre à toute l'humanité – mais seulement à une partie de cet ensemble. Le problème est redoublé depuis que cette partie elle-même peut, grâce aux progès de la contraception, se dérober à cette expérience, l'éviter. Toute femme n'accouchera pas, toute femme ne donnera pas naissance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis femme, je fais modestement profession de philosopher – et j'ai donné naissance.&lt;br /&gt;En tant que femme, j'ai vécu cette expérience hallucinante dont je ne suis toujours pas revenue.&lt;br /&gt;En tant que philosophe, j'ai été étourdie par ce silence épouvantable, cette opacité maintenue de toute part devant ce qui me semblait pourtant si riche à penser, si important à dire – quelque chose qui m'a paru susceptible d'éclairer d'une façon insolite la condition humaine – la condition de l'humanité en général, au delà de celle de mes semblables, primipares, multipares ou nullipares. Toute femme ne donnera pas naissance – mais toute femme est concernée par la naissance.&lt;br /&gt;La naissance est une affaire de femme – mais elle est l'affaire de tout homme, car elle nous dit aussi ce que c'est que d'être homme. Le rôle de la réflexion philosophique a toujours été, à mes yeux, de clarifier l'expérience humaine, d'en élucider le sens. Pourquoi me serait-il interdit de faire entrer sous le faisceau du concept ce moment-là de mon existence ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-2002824996790214606?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/2002824996790214606/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/enfanter.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/2002824996790214606'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/2002824996790214606'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/enfanter.html' title='Enfanter ?'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-6644274492709452515</id><published>2010-12-14T23:42:00.001-08:00</published><updated>2010-12-14T23:47:09.591-08:00</updated><title type='text'>Appétit</title><content type='html'>Elle aime les hommes.&lt;br /&gt;Depuis toujours leurs corps l'aimantent irrésistiblement, pourvu qu'ils aient les yeux tendres et de belles mains.&lt;br /&gt;Elle n'est pas très exigeante en ce qui concerne ce qu'on nomme "beauté". L'intelligence, la finesse l'attirent bien davantage. Surtout, la perception d'une fêlure l'électrise.&lt;br /&gt;Elle est sensuelle. Elle aime sentir, toucher, goûter. Un regard peut suffire à éveiller ses sens. Un effleurement déclenche, s'il est subtil, la vague de chaleur, reconnaissable entre toutes, qui irradie du creux de ses hanches au sommet de sa poitrine et la rend capable de toutes les folies.&lt;br /&gt;Ses affections ne se répandent pourtant pas si facilement. La plupart du temps, le désir suffit, muet, clandestin. Il est rare qu'elle prenne le risque de montrer les soubresauts interdits qui l'agitent à celui qui les a provoqués.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-6644274492709452515?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/6644274492709452515/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/appetit.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6644274492709452515'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6644274492709452515'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/appetit.html' title='Appétit'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-4734986405990965006</id><published>2010-12-08T06:50:00.001-08:00</published><updated>2010-12-08T06:50:36.844-08:00</updated><title type='text'>Autre métamorphose</title><content type='html'>Un matin au réveil M. X s’aperçut que personne ne le connaissait. Et cela lui parut intolérable. Il décida donc sur le champ – et ce fut bien là la première décision qu’il prit en toute sa vie – de faire cesser, par n’importe quel biais, à n’importe quel prix, ce déplorable état de chose. Car à son idée, il était proprement injuste – et pas seulement désagréable – que personne ne sût son existence.&lt;br /&gt;Ce n’était pas pour ses talents qu’il voulait être connu ; et de fait, ils étaient rares, faibles, et pour tout dire incertains. Ses capacités l’avaient avec peine hissé à un poste obscur de comptable, dans une petite entreprise oubliée qui fabriquait des emballages de carton pour une marque de portions fromagères. Au fond d’un couloir poussiéreux, dans un bureau dont les fenêtres s’ouvraient sur une banlieue morte, M. X tous les jours taillait des crayons et vérifiait laborieusement la correspondance implacable des colonnes de revenus et de dépenses. Il n’était même pas un de ces employés modèles qui font la fierté du petit entrepreneur, ces dociles tâcherons qui mettent leur orgueil à tracer des traits droits ou à faire des additions exactes à la virgule près ; son métier l’ennuyait et il n’y prenait aucun plaisir. Des fautes émaillaient régulièrement ses registres, pas assez pour mettre son emploi en péril, mais bien trop pour que lui soit décerné le ruban bleu du meilleur comptable du département. Ce même ruban bleu qu’avait raflé quelques années plus tôt son voisin de bureau, ce qui lui avait valu sa photo dans les journaux locaux, et la considération de sa boulangère. &lt;br /&gt;Pour M. X, pas de photo, pas de considération, pas de regards entendus et de sourires murmurant sur son passage : « c’est lui ! c’est lui ! mais si, enfin, tout le monde parle de lui ! oui, lui, là… C’est lui… »&lt;br /&gt;Son physique était tout aussi quelconque. De taille moyenne, les cheveux bruns et ternes, les yeux noisette sans aucun éclat, les lèvres serrées, mince sans aller jusqu’à la maigreur, classique sans élégance, des traits réguliers mais sans charme. Personne ne se retournait sur lui, comme sur son ami Z., sportif et plein d’allure, que des touristes japonais avaient un jour voulu photographier alors qu’ils déambulaient tous deux sous les arcades de la rue de Rivoli.&lt;br /&gt;Avait-il donc de grandes qualités morales ? Souvent les êtres que la fortune n’a pas doté extérieurement se révèlent extraordinairement riches sur le plan de l’affectivité ; avait-il donc une immense générosité, un courage de lion masqué sous son apparence anodine ? Ou bien une bonté de samaritain, recueillant le chaton perdu, ramassant les paquets tombés sur le trottoir, faisant traverser vieillardes terrifiées ou enfants imprudents ? Rien de tout cela. M. X avait le cœur étroit comme son pardessus, l’âme mesquine et les idées courtes. Il aimait ce que tout le monde aime, prenait ses vacances en août, avait un ami d’enfance à qui il n’avait depuis fort longtemps plus rien à dire, et votait à chaque élection pour la majorité. Il payait ses impôts par tiers pour ne rien donner au fisc, mettait deux euro chaque dimanche à la quête parce que ça fait un compte rond, voyait ses parents une fois par mois et reprenait toujours du gigot. Il s’était marié, avec une ancienne camarade de classe, qui l’avait quitté au bout de quelques années pour rejoindre un photographe ; et M. X comprenait fort bien son départ. Pour tout dire, il en avait même été soulagé, car elle ne travaillait pas, et il espérait grâce à son divorce faire d’appréciables économies. Ce n’était pas à proprement parler de l’avarice, non ; simplement une déformation professionnelle. M. X considérait ses dépenses personnelles avec la même objectivité que celle qu’il adoptait pour vérifier que l’on vendait bien autant d’emballages cartonnés que l’on en fabriquait. Pour ce comptable, une dépense était toujours une sortie d’argent, et le fait que cet argent soit employé à régler une facture de plombier ou une note de restaurant ne changeait rien à la perte subie. &lt;br /&gt;Le divorce de M. X inaugura ainsi une période de prospérité financière fondée sur un sens accru de l’économie et de l’optimisation. Il ne fit plus ses courses que dans les supermarchés proposant les prix les plus avantageux, aux périodes de promotion si possible ; ses cheveux étaient taillés par les apprentis coiffeurs, ses sorties le conduisaient de préférence aux concerts gratuits que fournissent les églises parisiennes aux mélomanes désargentés, ses costumes se réduisirent au nombre de quatre – un pour chaque saison, entretenus avec un soin scrupuleux. Son compte en banque grossit, au rythme même où ses placards se vidaient.&lt;br /&gt;Un tel régime aggrava certainement l’anonymat de M. X. Ses quelques connaissances se lassèrent des orgues de Saint-Eustache, et lorsqu’ils émirent à plusieurs reprises le souhait de se restaurer dans une brasserie quelconque, M. X. décida de ralentir le cours galopant de sa vie sociale. Il se rendit alors vite compte que la marque la moins chère, quel que soit le produit, est toujours celle que choisit le plus grand nombre de gens ; et que plus rien ne le singularisait d’aucun de ses voisins. Au point qu’il en vint à douter qu’un seul être au monde sache son nom. Combien de personnes me connaissent, se dit-il un jour ? Qui possède, quelque part, mon numéro de téléphone ? Voilà une question fort intéressante, et qui pour M. X était comme le critère infaillible d’évaluation de « l’impact social » d’une personne. Qui a mon numéro de téléphone ? Ou, mieux encore : qui désire l’avoir ? Il décida que les parents et la famille en général ne comptaient pas ; sa mère elle-même possédait un carnet d’adresse fort rempli, mais la plupart des coordonnées récoltés dans ce précieux instrument l’étaient par hasard, et concernaient des personnes dont elle ne savait rien, et qu’elle ne se souciait absolument pas de connaître. Ses amis n’existaient plus ; ils avaient suivi l’appel du ventre, dédaignant le seul charme de sa conversation. A son travail, il n’avait aucun subordonné qui aurait pu éprouver le besoin de le joindre ; quant à son patron, il était bien certain que celui-ci préférerait largement le convoquer dans son bureau plutôt que de lui passer un coup de fil. M. X en arriva alors à cette dure conclusion : il n’y avait aucune chance que son téléphone sonne dans un avenir proche.&lt;br /&gt;Cette conclusion le rongea plusieurs jours, jusqu’à ce fameux matin où il décida qu’il lui fallait coûte que coûte sortir de l’anonymat. Coûte que coûte…mais sans dépenser d’argent – du moins dans la mesure du possible. Le problème était fort épineux. Mais M. X ne renonça pas à son idée, et tous les jours, toutes les heures, il la retournait fébrilement dans son esprit, attendant.. Quoi ? L’idée, l’éclair qui le frapperait comme la foudre et lui ouvrirait les portes de la gloire. Mais rien ne vint pendant fort longtemps.&lt;br /&gt;Enfin, un jour, il acheta un journal. Certains diront qu’ils ne voient pas ce qu’acheter un journal a de si extraordinaire. Mais M. X, depuis l’arrivée en ville des journaux gratuits, avait rangé la presse écrite et tout ce qui y était affilié dans la colonne des dépenses totalement inutiles. Ce fut donc bel et bien par un hasard providentiel – ou une inspiration divine, selon qu’on soit croyant ou athée ; qu’on me laisse ici le choix de l’agnosticisme – qu’un autre matin, qui suivait de trois mois celui de la fatale décision, M. X eut envie de lire un journal un peu plus épais que d’habitude. Comme il ignorait le tarif exact de la chose, il prit ses précautions, et se munit d’un billet de dix euro et d’un autre de vingt. Ce choix l’entraîna dans une série de dépenses inconsidérées et imprévues, car pour obtenir la monnaie que lui réclama l’incorruptible buraliste, il lui fallut faire l’acquisition d’une baguette de pain ET d’un croissant auprès d’une inflexible boulangère. Il rentra chez lui en maugréant, se fit un peu de café pour accompagner son croissant et ses tartines, déplia le journal et c’est alors qu’il la vit.&lt;br /&gt;Une annonce, énorme, s’étalait en deuxième page ; la police rouge vif tranchait sur le gris des caractères habituels, et les lettres avaient une hauteur d’au moins cinq centimètres :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;VOUS REVEZ D’ETRE CELEBRE ? L’ANONYMAT VOUS PESE ? VOUS VOULEZ VOTRE NOM DANS CE JOURNAL ? APPELEZ VITE LE : 09 00 00 00 09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec une audace qui le surprit lui-même, M. X saisit son téléphone et composa le numéro. Presque immédiatement, une douce voix féminine résonna dans son oreille :&lt;br /&gt;« Allo, oui, bonjour ? Société « Tout pour vous plaire », que puis-je pour vous ?&lt;br /&gt;Allo, bonjour, oui, c’est au sujet de l’annonce dans le journal.&lt;br /&gt;L’annonce ? Oui monsieur, ne quittez pas, je vous prie… »&lt;br /&gt;Au bout de quelques secondes, il entendit à nouveau la voix sucrée :&lt;br /&gt;« Etes-vous disponible aujourd’hui ? Oui, vers 13 h ? C’est parfait, monsieur, présentez-vous 12 rue de Charenton et demandez madame Simone. Merci, au revoir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M. X ne put plus rien avaler de la matinée. A 12 h 30 il était devant le 12 rue de Charenton. C’était un grand immeuble moderne, tout de verre et de béton. Le logo de la société « Tout pour vous plaire », immense, s’étalait sur la façade au niveau du 7ème étage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mme Simone était une ample rombière, d'une effrayante vulgarité. Elle toisa M. X d'un air dédaigneux, et comme à regret, lui proposa une chaise. M. X s'assit, un peu déçu par l'apparence miteuse de son vis-à-vis. Il doutait que cette matrone dépenaillée, au maquillage criard, puisse l'aider dans sa quête de gloire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Alors vous avez lu l'annonce ? demanda-t-elle d'une voix désagréable.&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;Et vous voilà... Nous n'avons pas eu beaucoup de réponses.&lt;br /&gt;Il faut dire que ce n'est pas très explicite.&lt;br /&gt;Vous êtes venu, pourtant.&lt;br /&gt;Je ne suis pas curieux de nature... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette réponse plut à Mme Simone. Elle sortit de sa poche un paquet de cigarettes et un briquet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vous fumez ?&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;Je m'en serais doutée... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle souriait en envoyant vers le plafond d'épaisses volutes malodorantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Il s'agit de quelque chose de peu ordinaire. Vous êtes prêt à quoi exactement ?&lt;br /&gt;A tout, pourvu que ce soit efficace.&lt;br /&gt;Oh, ça le sera. Aucun doute là-dessus. Demain, tout le monde vous connaîtra...&lt;br /&gt;Alors je suis votre homme.&lt;br /&gt;Attendez quand même que je vous explique de quoi il est question... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fur et à mesure que le projet prenait corps sous les inflexions grasseyantes de la voix de Mme Simone, les yeux de M. X s'écarquillaient. Un silence grave suivit la fin du long monologue de la gorgone, que rompit un toussotement de M. X.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Evidemment c'est un peu...&lt;br /&gt;Vous n'avez rien signé, vous pouvez dire non. Mais en ce cas faites-le vite, j'ai d'autres candidats à rencontrer et je n'ai pas de temps à perdre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il réfléchit, eut une pensée pour sa médiocre existence, pour le vide qui l'environnait, pour l'ennui sans fin auquel il semblait promis. Et lentement, il hocha la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, une foule épaisse se ruait au siège de la société « Tout pour vous plaire », écouter le discours prononcé par Aldo Tanizi à l'occasion du vernissage de son exposition. L'artiste remerciait, en termes émouvants et chaleureux, le dévouement de Mme Simone, généreuse mécène grâce à qui « L'homme en conserve », chef d'oeuvre d'audace et de virtuosité plastique, avait pu enfin voir le jour.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-4734986405990965006?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/4734986405990965006/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/autre-metamorphose.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/4734986405990965006'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/4734986405990965006'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/autre-metamorphose.html' title='Autre métamorphose'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-7285255834488869224</id><published>2010-12-08T06:07:00.000-08:00</published><updated>2011-02-20T09:07:42.026-08:00</updated><title type='text'>Le dire ou pas</title><content type='html'>Tout commença le jour où elle ne voulut plus lui dire qu'elle l'aimait.&lt;br /&gt;Les mots refusaient de franchir la barrière de ses lèvres. Il lui semblait qu'en prononçant ces syllabes molles – jeetttèèèmmmmm – elle troublerait un ordre fragile et précieux ; le bruit de son aveu retentirait comme une indécence, une facilité inexcusable, une compromission à la sensiblerie ambiante. &lt;br /&gt;Certainement, elle ne lui dirait jamais une chose pareille. « Je t'aime » ; comme cela sonnait mal ! Petit, mesquin, étriqué, face au maelstrom véritable qu'il lui semblait vivre !&lt;br /&gt;Elle ne put pourtant lui expliquer les raisons de son refus – et n'étaient-elles pas évidentes ? Pourquoi expliquer ce qui saute aux yeux ? Pourquoi signaler ce qui apparaît de soi-même ?&lt;br /&gt;Il plongea les yeux dans sa pinte de bière blanche, était-il troublé de son refus ? Elle n'en fut pas certaine sur le moment. Il souriait dans le vague, et ils se séparèrent comme d'habitude, avec un long baiser humide et un peu gluant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus tard, elle se reprocha un bref moment ce qui lui apparaissait à présent comme un caprice ; une petite vague de remord vint occuper son cerveau, vite chassée par la perspective d'une longue après-midi de travail sous une chaleur étouffante. Les mots n'étaient que des mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir-même, elle se rendit compte que quelque chose avait changé. Le regard qu'il portait sur elle, ironique, un peu étonné aussi, semblait la découvrir pour la première fois. Ils dînèrent en silence, travaillèrent, allèrent se coucher. Il n'eut pas, au moment d'éteindre la lumière, le geste familier de lui découvrir les fesses pour les caresser ; elle n'osa rien solliciter, et s'endormit un peu péniblement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, il partait plus tôt qu'elle. A 7 heures, il vint lui baiser le bout des doigts, et la réveilla ; elle feignit de continuer à dormir, pour mieux profiter des baisers doux et chauds qui couraient sur sa peau comme de légers insectes ; elle entrouvrit les yeux pour le voir, pas assez cependant pour qu'il se rendît compte de sa petite supercherie ; il avait toujours le même regard que la veille, et elle referma les yeux, un peu inquiète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les jours se suivirent et se ressemblèrent, étrangement. Le matin, quelques baisers légers dans un demi-sommeil. Le soir, ils se retrouvaient, échangeaient quelques banalités, travaillaient, s'endormaient. Au bout d'une semaine, elle réalisa qu'ils ne faisaient plus l'amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'en ouvrit à lui, s'en irrita même un peu. Il ne répondit rien, toujours avec ce même sourire un peu amer, un peu lointain. Elle pleura, cria, tempêta. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, lentement, d'une voix si feutrée qu'il fallait tendre l'oreille pour en saisir les inflexions, il lui demanda de prononcer ces trois mêmes mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un vertige la saisit. Il la regardait, si proche, si étrange, si terrifiant à présent, et elle se sentit envahie par une faiblesse insurmontable. C'était si facile, il suffisait d'écarter ses lèvres et d'articuler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ouvrit la bouche, la referma. Aucun son ne sortit. Elle tendit les bras, pitoyable, implorante. Elle resta ainsi, les mains ouvertes, les larmes ruisselant sur ses joues, longtemps après qu'il eut refermé la porte derrière lui.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-7285255834488869224?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/7285255834488869224/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/tout-commenca-le-jour-ou-elle-ne-voulut.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/7285255834488869224'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/7285255834488869224'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/tout-commenca-le-jour-ou-elle-ne-voulut.html' title='Le dire ou pas'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-2625612063866776669</id><published>2010-12-08T05:55:00.000-08:00</published><updated>2011-03-31T11:04:32.686-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-2625612063866776669?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/2625612063866776669/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/regain.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/2625612063866776669'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/2625612063866776669'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/regain.html' title=''/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-9139280804407505012</id><published>2010-12-08T05:53:00.001-08:00</published><updated>2010-12-08T05:55:40.122-08:00</updated><title type='text'>L'amour, et après ?</title><content type='html'>L'amour... Cette idée qu'on se fait de sa propre nécessité. Cet égoïsme absolu, qui projette dans le regard d'un autre son être. Qui demande à cet autre de nous justifier. &lt;br /&gt;Puisque nous ne sommes pas capables de le vouloir nous-même, nous lui demandons de porter notre existence. Nous lui imposons d'endosser notre désir de vivre. Tout amour fonctionne ainsi.&lt;br /&gt;Mais alors, c'est bien l'amour, la pire des cruautés.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-9139280804407505012?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/9139280804407505012/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/lamour-et-apres.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/9139280804407505012'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/9139280804407505012'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2010/12/lamour-et-apres.html' title='L&apos;amour, et après ?'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-6719942509830191160</id><published>2009-07-10T01:22:00.000-07:00</published><updated>2009-07-10T01:23:52.258-07:00</updated><title type='text'>y croire encore</title><content type='html'>La guêpe fit quelques tours pour rien, survolant à plaisir la toile cirée rouge. &lt;br /&gt;Ernestine fronça le sourcil sans lever les yeux, et fit un petit geste agacé de la main gauche, tandis que sa main droite remontait ses lunettes un peu plus haut sur son nez fin et long. Ne tenant aucun compte de cet avertissement, la guêpe opérait déjà une approche savante du sucrier. Ernestine, toujours sans un regard vers l'audacieuse, saisit le petit couvercle oblong ; alors que l'insecte, ivre déjà de l'odeur du sucre, se posait sur les parallélépipèdes blancs, elle l'ensevelit d'un geste sec et précis. &lt;br /&gt;On entendait à présent de petits vrombissements furieux ; Ernestine regarda enfin le sucrier, d'un air contrarié. Fallait-il laisser l'asphyxie suivre son cours ? Ernestine ne se sentait pas capable d'assumer jusqu'au bout sa place dans la hiérarchie des espèces. Elle prit le sucrier dans ses mains, et tout en maintenant soigneusement le couvercle fermé, se dirigea vers la porte de la cuisine, qui demeurait toujours ouverte par ces chaudes journées de juin. Au moment de libérer l'animal, elle eut une hésitation ; la guêpe, rendue furieuse par l'angoisse de la captivité, risquait fort de se retourner contre elle et de la piquer avec rage.&lt;br /&gt;Au moment où elle se décidait enfin à entrouvrir le sucrier, avec mille précautions, elle se rendit compte que le vrombissement avait cessé ; la guêpe était morte. Le petit corps rayé, recroquevillé, semblait une ordure minuscule. Avec un soupir, Ernestine revint sur ses pas et jeta le contenu entier du sucrier dans la poubelle. Elle rinça l'ustensile, le déposa sur l'égouttoir, et revint à ses mots croisés.&lt;br /&gt;En poudre, en dix lettres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut croire que l'ensemble du monde animal avait aujourd'hui des comptes à régler avec elle. Alors qu'elle tentait de rassembler ses esprits, le hurlement de Mina retentit dans la cour. Ernestine poussa un profond soupir, et, résigné, se dirigea à nouveau vers la porte, qu'elle ouvrit toute grande. La chatte chartreuse, sur le muret de pierre, entourée d'une nuée de soupirants velus, se trémoussait dans des postures non équivoques ; elle accompagnait sa danse érotique d'une série de cris, feulements et miaulements rauques, certainement délectables pour des oreilles félines, mais absoluent insupportables pour tout le reste du voisinage. &lt;br /&gt;Nouveau dilemme ; disperser à grands coups de balais la meute, et enfermer Mina ? Elle ne pouvait se résigner à l'opération, pourtant bénigne, qui aurait débarrassé la chatte de ses envahissantes chaleurs. Jusqu'à présent, elle avait toujours trouvé à placer les nombreux rejetons de Mina, parmi les enfants et les petits enfants de ses amies et voisines ; mais tous les ans la sarabande reprenait, et durait parfois jusqu'à une semaine entière. Mina n'était pas de ces chattes discrètes qui vont assouvir leur vice au loin, cachant leur honte aux fins fonds des bois et des terrains vagues ; Ernestine, la regardant, songeait à ces couples adolescents cherchant l'asile de leur sexualité naissante au sein du foyer familial. Etait-elle, vis à vis de Mina, coupable elle aussi d'un regrettable laxisme parental ? Ernestine sourit, constatant le tour parfaitement absurde que prenait sa réflexion. Elle s'approcha du muret ; Mina détala, la meute à ses trousses. &lt;br /&gt;Filant sur la route, la ribambelle miaulante obligea Simone, qui arrivait sur son vélo, à faire une embardée. Elle posa un pied sur le trottoir, et entreprit de se baisser pour ramasser les oranges qui avaient roulé à terre, précipités hors de la cagette qu'elle avait fixée sur le porte-bagage.&lt;br /&gt;Ernestine se précipita à son aide.&lt;br /&gt;« Ne t'inquiète pas, va, c'est pas la première fois que des chats me tricotent dans les pattes !&lt;br /&gt;Cette saleté de Mina est encore en chaleur.&lt;br /&gt;Eh bien, c'est naturel, non ? Tu ne la fais pas opérer !&lt;br /&gt;Je sais, Simone, je sais...&lt;br /&gt;Je t'avais amené des oranges ; Ange m'en a ramené douze kilos hier, je ne sais pas quoi en faire!&lt;br /&gt;Merci, tu es bien gentille ; tu prends le café, au moins ?&lt;br /&gt;Bien sûr, si je ne te dérange pas...&lt;br /&gt;Comme si les visites pouvaient me déranger ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux femmes s'installèrent dans la cuisine, la seule pièce un peu fraîche de la maison d'Ernestine. La lumière du début d'été, dorée, soyeuse, pénétrait par l'entrebaillement de la porte. Ernestine mit de l'eau à chauffer, et remit du sucre dans le sucrier, qui était sec à présent. Pendant qu'elle sortait son pot de café du frigo, Simone lui demanda :&lt;br /&gt;« Alors, toujours dans tes mots croisés ?&lt;br /&gt;Que veux-tu ma belle, il faut bien s'occuper ! Et puis ça me remue un peu le cerveau, ça m'oblige... Le café, tu le veux comment ?&lt;br /&gt;Pas trop fort, dis, il est déjà tard ! Après je ne vais pas pouvoir dormir, et Ange va encore dire que je remue comme une puce.&lt;br /&gt;C'est vrai que lui, il a jamais eu de problème pour s'endormir ! Même en cours de mathématique!&lt;br /&gt;Surtout en cours de mathématique ! » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un passé qui semblait déjà si lointain, Ange et Simone étaient deux écoliers et Ernestine, une institutrice de village, responsable d'une classe unique qui avait vu défiler sur ses bancs toutes les familles des environs. Avant Ange et Simone, il y avait eu leurs parents : Mathilde et François, Toussainte et Joseph. Ernestine estimait qu'elle avait formé deux générations d'habitants. Elle avait vu l'installation des nouvelles familles, le départ des anciennes ; elle avait constaté le remplacement progressif des chemises de cotons et des robes à volants par l'uniforme mondial des écoliers de tout pays : l'inévitable T-shirt et le pantalon de jeans que la mode faisait plus ou moins bleu, plus ou moins usé, plus ou moins large... Elle avait accepté avec sérénité ces modifications vestimentaires, qui ne s'accompagnaient pas à ses yeux d'une transformation réelle de ceux qui les revendiquaient. Les élèves restaient toujours des élèves, chahuteurs, bavards, indisciplinés, rêveurs, nuls en orthographe, insupportables et attachants. Elle avait vu se suivre les réformes : réforme des méthodes, réforme des programmes, réforme du vocabulaire – elle avait été un peu étonnée d'apprendre, quelques années avant sa retraite, qu'elle n'était plus institutrice mais « professeur des écoles ». Pourquoi pas après tout... Ernestine n'attachait pas énormément d'importance à ce genre de détails. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après sa retraite, Ernestine avait regagné sa ville d'origine, à trente kilomètres du village où elle avait exercé. Il n'était pas rare que d'anciens élèves, qui avaient conservé avec elle des liens d'amitié, viennent lui rendre visite. Tout comme Simone aujourd'hui, ces villageois n'arrivaient jamais les mains vides ; tant il est vrai que les petits cadeaux de voisinage, légumes du jardin, confitures ou pâtisseries de ménage, herbes odorantes ramassées la veille dans le maquis tout proche, jouent un rôle prépondérant dans la sociabilité provinciale. Ernestine n'était pas en reste, ayant toujours au fond d'un placard de sa cuisine une boîte de chocolats et des petits biscuits pour accompagner le café frais qu'elle servait à ses visiteurs. Si le soir approchait, une petite liqueur était proposée, qu'il était d'usage de refuser une première fois, puis de boire lentement, en y trempant un gâteau sec qui absorbait comme une éponge le puissant liquide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simone avait déposé son chapeau de paille sur une chaise, et tournait à présent son café d'un geste appliqué. La petite tasse de porcelaine blanche, dont la forme gracieuse était délicieusement désuette, faisait un effet curieux posée sans soucoupe sur la toile cirée à carreaux rouges. &lt;br /&gt;« Et ta famille ? Tout le monde va bien ?&lt;br /&gt;Pascal marche bien, tu sais ! Tu serais étonnée de voir ses cahiers !&lt;br /&gt;Connaissant sa mère, je ne suis pas étonnée du tout... Tu étais première partout, si mes souvenirs sont exacts.&lt;br /&gt;Oh, moi... J'apprenais tout par coeur, j'étais une besogneuse. Pascal est vraiment très intelligent ; il lit tout ce qui lui tombe sous la main. Et il pose beaucoup de questions.&lt;br /&gt;Ange aussi était très malin. S'il avait voulu travailler, il aurait fait ce qu'il aurait voulu.&lt;br /&gt;Il était surtout malin pour inventer des sales coups ! Comment peux-tu ne pas lui en vouloir, de tout ce qu'il t'a fait voir ?&lt;br /&gt;Mon Dieu, en quarante ans j'en ai vu d'autres ! Et je dois bien avouer qu'il avait un certain humour...&lt;br /&gt;Tu étais surtout d'une patience de mouton ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ernestine éclata de rire, et ferma quelques instants les yeux. Elle les rouvrit, redressant ses lunettes qui avaient à nouveau glissé sur son nez, et demanda :&lt;br /&gt;« Et Jérôme ?&lt;br /&gt;Jérôme va très bien, je l'ai laissé à maman pour la journée.&lt;br /&gt;Elle doit être ravie !&lt;br /&gt;Penses-tu, il la rend chèvre ! Il la ferait marcher sur les mains. Pour revenir à Pascal... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simone s'arrêta, et resta bouche ouverte, l'air un peu stupide. On aurait dit qu'elle ne savait plus parler. Ernestine ne s'en étonna pas ; Simone enfant avait déjà l'habitude de s'interrompre au moment de se lancer dans une argumentation complexe, ou bien avant de réciter une leçon, comme un coureur qui interromprait son élan pour mieux mesurer l'obstacle et évaluer ses chances. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Oui, il y a quand même quelque chose que je voudrais te demander avec Pascal.&lt;br /&gt;Vas-y, je t'écoute. Si je peux te conseiller, je le ferai.&lt;br /&gt;Je sais que tu le feras, Ernestine. J'avoue que je ne sais pas trop par où commencer ... Voilà, sa maîtresse de cette année m'a plusieurs fois dit qu'il était vraiment, vraiment très très doué...&lt;br /&gt;Et elle te suggère de lui faire sauter une classe, c'est ça ?&lt;br /&gt;Si ça n'avait été que ça ! Pour tout te dire, elle m'a dit que Pascal était surdoué, et qu'il fallait qu'il change d'école.&lt;br /&gt;Vraiment ?&lt;br /&gt;Oui. Il y a un institut à Marseille, une sorte d'école pour surdoués. On leur fait faire du piano, de la peinture, et ils suivent un programme scolaire adapté à leur niveau.&lt;br /&gt;Je vois... On les parque entre eux, comme des petits monstres, qu'on ne doit pas mélanger aux enfants normaux...&lt;br /&gt;Ce n'est pas vraiment comme ça qu'elle me l'a présentée !&lt;br /&gt;Oui, mais c'est comme ça que Pascal risque de le vivre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simone se tut, et soupesa mentalement la sentence d'Ernestine. Elle releva le menton et sourit.&lt;br /&gt;« Ta réaction ne me surprend pas. J'ai eu un peu la même. Mais Ange n'est pas de notre avis.&lt;br /&gt;Tiens donc ! Mais qu'en pense-t-il alors, ton cher mari ?&lt;br /&gt;Ange... Tu le connais, quand il commence à réfléchir, on ne sait pas trop où ça peut aller. &lt;br /&gt;C'est le moins qu'on puisse dire ! &lt;br /&gt;Il s'est mis dans la tête que Pascal allait devenir comme lui, s'il n'allait pas dans cette école. Un cancre.&lt;br /&gt;Je vois... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les souvenirs cascadaient en effet devant les yeux d'Ernestine. Un petit garçon souriant, charmant, absolument insupportable et furieusement attachant. Les petits rongeurs dissimulés au fond des poches et sortis au moment opportun sous le nez des fillettes terrorisées, les bagarres et leur cortège d'oeils pochés et de nez sanguinolents, les bancs recouverts de mine pilés qui enduisaient d'un noir indélébile les pantalons. Les larmes et les cris aussi, qui s'entendaient à l'autre bout du village lorsqu'il fallait faire signer les carnets scolaires... Et bien plus tard, quelques bêtises un peu plus graves, l'échec au collège, l'abandon des études, la reprise contrainte de l'exploitation familiale après un CAP passé sans enthousiasme.&lt;br /&gt;Ange, enfant surdoué ? Laminé par une institution incapable de suivre son rythme ? Peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mais Pascal, il me semble, n'a pas du tout les mêmes problèmes de comportement que son père. Il se tient bien, il prend du plaisir à travailler...&lt;br /&gt;Ange pense que ça ne peut pas durer. Il a peut-être raison.&lt;br /&gt;Si tu es d'accord avec ton mari, pourquoi viens-tu me demander conseil ?&lt;br /&gt;Je voudrais ton avis, avant de prendre une décision, parce que...&lt;br /&gt;Oui ?&lt;br /&gt;A vrai dire, il y a un problème d'argent. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ernestine ôta ses lunettes et les essuya du coin de sa blouse de coton – geste qui chez elle traduisait  une certaine gêne. Derrière la façade humaniste, le projet social ambitieux et révolutionnaire... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Laisse-moi deviner... L'institut est privé.&lt;br /&gt;Oui. Et les droits d'inscription ne sont pas donnés.&lt;br /&gt;Pas de système de bourse ? &lt;br /&gt;Aucun, nous nous sommes renseigné.&lt;br /&gt;Et comment se fait-il que l'institutrice de Pascal ait pu vous conseiller une chose pareille ? &lt;br /&gt;Elle ne nous l'a pas vraiment conseillé, c'est Ange qui s'est renseigné tout seul après l'entretien avec cette dame. Elle, elle voulait plutôt l'envoyer à Paris, dans une boîte équivalente, mais publique.&lt;br /&gt;A Paris ? Un gamin de huit ans ? &lt;br /&gt;Oui, Marseille, ce serait mieux, tu comprends.&lt;br /&gt;Simone, puisque tu es venue me demander mon avis, je vais te le donner. Vous allez au devant d'ennuis sérieux si vous vous lancez dans ce projet délirant. Parce qu'il est délirant, aussi bien sur le plan moral que sur le plan financier. Pascal doit rester dans un environnement normal, avec des enfants de son âge et de son milieu. Si tu l'envoies là-bas, Ange et toi vous allez le massacrer et sans doute le perdre.&lt;br /&gt;Donc, tu nous le déconseilles ?&lt;br /&gt;Je ne déconseille pas, j'interdis ! Et c'est l'ancienne maîtresse qui parle ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simone sirota une gorgée de café, l'air ennuyé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu n'as jamais pu te faire obéir d'Ange. &lt;br /&gt;Mais de toi, si.&lt;br /&gt;Cette fois-ci, ça ne suffira pas, Ernestine. Il veut vendre la vigne.&lt;br /&gt;Quelle bêtise ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un silence un peu lourd s'installa entre les deux femmes, brisé par le roucoulement entêtant d'une tourterelle posée sur le toit. Simone vida sa tasse, la reposa sur la soucoupe et se leva. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ernestine, je te remercie, pour le café et pour tout le reste. Même si je sais que ça ne mènera pas à grand chose, je vais en reparler à Ange ce soir.&lt;br /&gt;N'hésite pas à repasser, viens quand tu veux. La porte est ouverte.&lt;br /&gt;Je sais. A bientôt. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La silhouette un peu ronde de Simone disparut derrière le pâté de maison, bringuebalant sur son vélo, le chapeau posé à la diable sur le sommet du crâne. Ernestine, debout dans l'embrasure de la porte, essuyait ses lunettes. &lt;br /&gt;Elle avait tort quand elle s'imaginait que parents et enfants restaient les mêmes, identiques sous les kaléidoscopes de la mode. L'époque était bien terminée, où les mômes, loin de toute catégorisation grandissaient à leur rythme. Oh, elle n'était pas de ceux qui se lamentent au souvenir d'un passé idéalisé, souvent pur fantasme entretenu par une nostalgie nauséabonde. Aucune enfance ne pouvait se vanter d'avoir pris place dans un âge d'or, et si les bambins étaient plus libres cinquante ans auparavant, c'est surtout parce que l'absence de toute perspective d'échappatoire interdisait à leurs parents de projeter sur eux leurs souhaits d'émancipation sociale. Le petit ouvrier doué n'échappait pas pour autant à l'usine au jour de ses quatorze ans, la petite paysanne apprenait à compter pour mieux tenir les livres de vente des oeufs, et le fils du pharmacien, bête à pleurer, partait victorieux au collège en bombant le torse sous sa veste de velours.&lt;br /&gt;Mais l' indéniable progrès que représentait l'accès aux études pour tous, valait-il que toute une génération de parents avides lui sacrifient ainsi leurs petits ? Et que la vivacité d'esprit, la finesse, la rapidité d'un enfant se transforment en « compétences », en valeurs à faire fructifier, en capital pour lâcher le mot ? Quelle école spécialisée remplacera jamais les parties de football, les copains du quartier, la baignade après les cours et tous ces plaisirs qui ont toujours fait le sel de l'enfance ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se rassit, reprit son journal, et laissa ses yeux errer quelques instants dans le vide. Puis, d'un geste précis, elle inscrivit dans les cases du jeu, d'une écriture sèche, le mot : ESCAMPETTE.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-6719942509830191160?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/6719942509830191160/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/07/y-croire-encore.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6719942509830191160'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6719942509830191160'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/07/y-croire-encore.html' title='y croire encore'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-731378023169198900</id><published>2009-06-03T04:54:00.000-07:00</published><updated>2009-06-03T04:56:34.944-07:00</updated><title type='text'>Amère fête des mères</title><content type='html'>Chaque année, le dernier dimanche de mai, tous les écoliers de France récitent des compliments sucrés louant la tendresse, la bienveillance, la sollicitude éternelle des « mamans ». Ils offriront ensuite de jolis cadeaux bricolés en classe sous l’œil attentif de l’institutrice, selon l’image d’Epinal en vigueur dans notre pays. &lt;br /&gt;La bonne mère, celle-là même que décrivent les dits compliments, se doit d’accepter ces présents avec ravissement. Ne sont-ils pas offerts par les petits êtres chéris, les doux trésors qu’elle aime tant ? Depuis son instauration, la fête des mères célèbre ainsi beaucoup moins la maternité triomphante que la toute puissante dictature de l’enfant sur sa mère. Dictature consentie avec joie par cette dernière, direz-vous ; mais cette tyrannie, qui s’exprime par l’appréhension de l’enfant comme seul centre d’intérêt, unique souci et récompense suprême de toute une existence, est-elle affaiblie pour être acceptée ?&lt;br /&gt;La fête des mères est pour cette raison un rite impossible à refuser. S’en écarter revient à s’exclure d’une imagerie contemporaine naïve qui valorise la mère dévouée et consentante, heureuse dans son aliénation – et qui classe toutes celles qui voudraient proposer une représentation alternative de la maternité dans les rangs des « mauvaises mères ». Qu’on y réfléchisse seulement quelques minutes : quelle mère, sinon une mère dénaturée, peut expliquer à son enfant que le poème qui la transforme en génie tutélaire du foyer, et que le fer à repasser offert par toute la famille assemblée, loin de la combler, l’humilient et la maintiennent dans un univers domestique étriqué et accablant ? Comment faire comprendre à de jeunes bambins conditionnés par la publicité, enrégimentés par les institutions, que sous cette mascarade annuelle se dissimule – mal – le spectre récurrent de la propagande nataliste, qui rêve de repeupler la France en engrossant ses ventres, qui glorifie la femme au foyer et stigmatise celle qui travaille ? Qu’être mère n’est pas forcément le meilleur rôle d’une vie, et à coup sûr, pas le seul ? « Tu vas lui faire de la peine », « ça lui fait tellement plaisir » ; ces petites phrases sont, tous les ans, bien souvent prononcées ce fameux dimanche, étouffant dans l’œuf toute velléité de rébellion contre cette fête qui n’en est pas une pour tout le monde.&lt;br /&gt;Mais les enfants ne sont ici que de simples instruments, manipulateurs parce que manipulés. C’est bien sûr aux adultes qui perpétuent cette escroquerie que ce discours devrait s’adresser. Malheureusement, tous font la sourde oreille. Elle peut bien protester, la « maman » étouffée sous les fleurs ; il n’y a personne pour l’écouter. Mais a-t-on jamais demandé l’avis des mères pour leur « faire leur fête » ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-731378023169198900?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/731378023169198900/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/06/amere-fete-des-meres.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/731378023169198900'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/731378023169198900'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/06/amere-fete-des-meres.html' title='Amère fête des mères'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-62433565413741395</id><published>2009-05-13T01:04:00.001-07:00</published><updated>2009-05-13T01:04:58.557-07:00</updated><title type='text'>Préambule</title><content type='html'>Paul Carbone est tombé du train. Son corps roule sur le talus, les pans flottant de sa veste lui donnent l'allure étrange d'un scarabé gris souris. Un bras crispé sur le ventre, un peu au dessus du foie, la main rouge de son propre sang, et sous la main, un trou noir aux bords réguliers, par où la mort vient de le surprendre dans la moiteur ferroviaire d'un nocturne Nice-Paris. A présent, son cadavre souillé de terre et griffé par les ronces gît à quelques mètres de la voie ferrée, en petit tas misérable et piteux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* * * &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ouvre les yeux, et retire d'un geste précis l'écouteur qui grésille au fond de son oreille droite. Un petit sifflement gêne l'écoute de la chanson, et parasite le flux d'images qui, l'une après l'autre, viennent rythmer son agréable somnolence. Elle éteint l'appareil posé sur son genou, se penche, ouvre son cartable, et en sort un paquet de copies d'élèves, dont certaines sont déjà barbouillées de rouge. Elle se met au travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le train entre en gare, la voix mécaniquement modulée résonne dans le wagon pour annoncer l'arrêt. Elle se lève, enfile son manteau, empoigne son cartable et descend du train.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le froid la gifle, elle rapproche les bords de son col, presse le pas. Le café là-bas, les lumières chaudes, le sifflement du percolateur. Une noisette, un croissant, le bus n'arrive que dans vingt minutes. Sur le comptoir, la minuscule gamine de la patronne, assise, mastique une tartine d'un air contemplatif. Elle a un prénom de fleur, Capucine. Mine chiffonnée, odeur délicieuse de petite fille mal réveillée, encore imprégnée de rêve. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bus ralentit, s'immobilise devant la grille du lycée. Il a neigé hier, une humidité glacée imbibe le sol, ses bottes s'enfoncent. Elle gravit en respirant fort le chemin qui mène au bâtiment qu'elle va occuper aujourd'hui. Elle a six heures de cours à donner, le lundi est une grosse journée. Elle repasse mentalement son emploi du temps, le numéro des salles, les noms des élèves, les textes qu'elle doit photocopier. Aura-t-elle assez de monnaie pour reprendre un café ? Elle sait qu'elle en boit un peu trop, ce n'est sûrement pas très bon. Elle reconnaît une élève, qui attend, debout devant l'entrée du bâtiment, sans doute l'arrivée d'une amie. Elle lui sourit, espère qu'elle ne la saluera pas, elle n'a pas envie de parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chaleur de la salle des professeurs s'abat sur ses épaules, la pièce grésille de conversations que le ronronnement régulier de la photocopieuse ne parvient pas à interrompre. Elle s'approche de la grande machine rectangulaire, fait son choix, le mécanisme s'enclenche dans un petit bruit métallique et elle peut quelques instants plus tard récupérer le gobelet rempli d'un liquide brûlant, au goût peu agréable mais tout de même réconfortant. Elle tente d'éviter ses collègues, veut préserver cette dernière bulle de silence avant l'entrée en scène – car tout à l'heure, tout de suite, il faudra les tenir, les attirer à elle, les séduire, encore et encore...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première sonnerie retentit dans le couloir. Elle se dépêche de boire la fin de son café, jette le gobelet dans la corbeille, rajuste son sac sur son épaule et se dirige vers l'escalier. Des trombes d'élèves se précipitent vers les salles de cours, elle a l'impression d'être frôlée par un cyclone débraillé et hurlant. Elle conserve son air sévère, tente de préserver sa dignité – faire une arrivée professorale, ne pas montrer l'angoisse qui la saisit toujours, le vertige qui serre son coeur devant la porte, alors qu'ils sont tous massés là, souriants, effrontés, gentils, si inquiétants... La deuxième sonnerie couvre à peine le brouhaha, nous y sommes, le jeu peut reprendre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-62433565413741395?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/62433565413741395/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/preambule.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/62433565413741395'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/62433565413741395'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/preambule.html' title='Préambule'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-5968276548726722451</id><published>2009-05-11T23:37:00.000-07:00</published><updated>2011-03-31T11:05:31.863-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-5968276548726722451?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/5968276548726722451/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/lheure-du-choix.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/5968276548726722451'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/5968276548726722451'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/lheure-du-choix.html' title=''/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-6019743986827141259</id><published>2009-05-11T23:26:00.000-07:00</published><updated>2009-05-11T23:33:22.003-07:00</updated><title type='text'>Pourquoi ?</title><content type='html'>Nouvelles pages, espace offert comme une peau pas encore caressée...&lt;br /&gt;Il y a toujours, pour l'homme pris de la rage d'écrire, une sorte de pudeur un peu sourde face à toutes ces blancheurs qu'il s'apprête à marquer de ses sécrétions intellectuelles - lorsque le penser se prolonge dans un toucher, lorsqu'à la passivité de l'idée répond comme un mécanisme l'activité de l'écriture.&lt;br /&gt;Ce mot d'"écriture" contient d'ailleurs une connotation laborieuse et monacale qui correspond parfaitement à ce qu'est devenue de nos jours la tâche de l'écrivain.&lt;br /&gt;Où sont les dilettantes stendhaliens, qu'est-il arrivé au je-ne-sais-quoi de tous les grands classiques, ce frisson voluptueux du loisir le plus aristocratique qui soit ?&lt;br /&gt;Où donc est Montaigne, le saint patron des amateurs ? &lt;br /&gt;L'heure est à la réflexion. L'auteur se regarde écrire, il s'écoute penser - et comme il n'en retire bien sûr aucune satisfaction véritable, il théorise son ouvrage pour s'interdire surtout de le ressentir.&lt;br /&gt;C'est bien ce que je viens de faire...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-6019743986827141259?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/6019743986827141259/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/pourquoi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6019743986827141259'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6019743986827141259'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/pourquoi.html' title='Pourquoi ?'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-6386666871549338594</id><published>2009-05-11T12:22:00.000-07:00</published><updated>2009-05-11T12:23:14.308-07:00</updated><title type='text'>Promenade au parc</title><content type='html'>Il fait froid. Heureusement qu’il a trouvé cette porte miraculeusement ouverte, qui lui offre un chemin bien plus court jusqu’à l’arrêt de bus. Il imagine la table, la cuisine, les verres bien pleins. Ils ont sans doute déjà débouché les bouteilles, le maestro derrière ses fourneaux met la dernière main à son œuvre ; ils n’attendent plus que lui. &lt;br /&gt;Il court sur les chemins comme figés par un givre précoce. Du givre en octobre, du jamais vu ; le froid a comme saisi la ville après deux semaines de pluie ininterrompue, et tout le monde fouille dans sa mémoire pour retrouver des souvenirs d’hiver venu prendre trop tôt la place de l’été indien. Plus de saison, atmosphère bousillée… Il sourit et pense aux peurs de l’an Mil. Les pronostiqueurs sont au chaud à théoriser sur le temps ; et lui qui se fout bien du climat court à présent pour être plus tôt sorti de cet iceberg géant. Le froid déforme même sa vision ; il croit voir les arbres bouger, les bancs se déformer. Ses pas résonnent comme de tous petits échos répétitifs. &lt;br /&gt;Un gravier s’est logé dans sa chaussure. Il grogne, essaie de continuer, se résigne, et vient prendre appui sur le socle de la Diane qui surplombe la pelouse Sud du Luxembourg. Du haut de ses cuisses superbes, la main prête à plonger dans son carquois, elle  regarde ses doigts gourds batailler avec les lacets, un sourire narquois aux lèvres. Voyez ce grand gaillard aux cent coups pour un minuscule caillou ; c’est donc si ridicule que ça, un homme ? &lt;br /&gt;«  Ma vieille, ta remarque n’a rien d’original. Si tu te cultivais un peu, au lieu de regarder bêtement les gens avec un arc à la main, tu le saurais. Dans le genre cliché, on ne fait pas mieux ! » &lt;br /&gt;Le gravier est parti, Marc lève un regard furieux vers la statue, comme pour vérifier qu’elle a bien pris acte de ce qu’il vient de lui lancer. Rêve-t-il ? mais elle rit à présent, la garce !&lt;br /&gt;Il rit à son tour. S’il ne doit durant sa vie encourir que le mépris des statues, ça n’est pas si grave.&lt;br /&gt;Il rejoint le chemin principal, se retourne une dernière fois, fait un signe de main amical vers la moqueuse ; sans rancune !&lt;br /&gt;Il fait trois pas, trébuche, tombe, étouffe un râle.&lt;br /&gt;Il faut croire que c’était plus grave qu’il ne pensait ; il a une flèche de bois fichée dans le dos, et son corps forme à présent comme un petit monticule minable, déjà durci par le gel.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-6386666871549338594?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/6386666871549338594/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/promenade-au-parc.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6386666871549338594'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/6386666871549338594'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/promenade-au-parc.html' title='Promenade au parc'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-1924499983637202209</id><published>2009-05-10T08:53:00.000-07:00</published><updated>2009-05-10T08:55:35.292-07:00</updated><title type='text'>L'avenir du genre humain</title><content type='html'>L’autre jour, j’ai pondu un œuf. Un œuf plutôt joli, brun, un peu piqueté de rouge, parfaitement lisse et régulier. Un œuf semblable à n’importe quel autre œuf. Enfin, un œuf quoi. &lt;br /&gt;Cela faisait bien deux semaines que je me sentais un peu ballonnée – ce que je mettais sur le compte d’une constipation chronique, mal peu littéraire mais oh combien courant chez la gent féminine. Pain complet, laxatifs, remèdes divers ; mon transit s’améliorait, mon malaise persistait. Comme une petite boule de chewing-gum collé sur la paroi intestinale, l’œuf, lui prospérait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant que j’y pense, heureusement que j’ai pu l’attraper à temps. Je me sens tout de même une certaine responsabilité envers lui, il eût été dommage qu’il pérît bêtement au fond de la cuvette des chiottes. Surtout qu’il me semble que dans notre espèce, pondre des œufs n’est pas un acte si banal. Vous me direz, il y a les ovules. Une femme en bonne santé pond un ovule tous les 28 jours. Enfin, pond… C’est tout à fait comme une ponte, sauf que ça ne sort pas. Et puis surtout, un ovule, ça ne se couve pas.&lt;br /&gt;Parce que le problème est là. J’en ai parlé à Pierre, bien sûr, et la première surprise passée, nous sommes tombés d’accord sur un point : il va falloir couver cet œuf. J’aurais bonne mine, tiens, après l’avoir repêché de justesse, à le laisser mourir comme ça, sans une petite attention, sans même un effort pour le faire éclore !&lt;br /&gt;L’ennui, c’est que ni Pierre ni moi n’avons le loisir de couver un œuf. Je me suis renseigné : une incubation, ça peut être long. D’autant que, je suppose, l’incubation d’un œuf humain doit avoir quelques similitudes avec une grossesse in utero. J’imagine qu’il va bien falloir au moins deux ou trois mois pour que ça donne quelque chose. Où les trouver ? Pierre et moi, nous travaillons. Même en se relayant, je nous vois mal arriver à maintenir une couvaison régulière pendant trois mois. &lt;br /&gt;Et puis vont s’ajouter des détails idiots, qui peuvent tout mettre par terre en moins de deux. Comment couver ? Faut-il s’asseoir dessus ? Ne risquons-nous pas ainsi de l’écraser ? A quelle température doit-on le maintenir ? Comment reconnaître les signes avant-coureurs de l’éclosion ? Un vrai casse-tête chinois…&lt;br /&gt;C’est ma mère qui a trouvé une solution provisoire : la couveuse. Il suffirait de trouver une couveuse, d’arriver à la régler sur 37 degrés – c’est la température interne du corps humain, donc ça devrait aller, et d’attendre. Pas besoin de présence continuelle, aucune angoisse de casse… la nounou idéale en quelque sorte. Sauf qu’une couveuse, ça ne se trouve pas à la Samaritaine. Il va donc falloir nous décider à nous tourner vers le corps médical.&lt;br /&gt;En attendant, j’ai mis l’œuf sous une bouillotte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet imbécile de docteur a bien mis cinq minutes avant de réaliser le problème. Il a fallu lui montrer Prosper – oui, je lui ai donné un nom. Ma mère m’a bien dit que ça portait malheur avant la naissance (pardon, l’éclosion), mais je ne sais pas pourquoi, j’avais avant de le baptiser beaucoup de mal à m’y attacher. Depuis que je peux l’appeler, je suis déjà beaucoup plus maternelle avec lui -, bref il a fallu que je sorte Prosper de son pochon pour qu’il consente à cesser de dire en rigolant : « vous n’aimez pas les omelettes ? » Pierre, qui est juriste, lui a fait remarquer qu’il n’avait pas le droit de refuser un patient – en l’occurrence, moi – avant de l’avoir au moins écouté. Le docteur nous a pris pour deux cinglés ; il voulait nous mettre dehors, quand je lui ai suggéré une solution simple. &lt;br /&gt;« Faites faire une radio de mon intestin : la ponte a certainement laissé des traces qui prouveront que Prosper est bien mon œuf » - lapsus révélateur : j’ai failli dire mon fils. Et je me suis alors demandé : si c’était une fille ? Vais-je devoir trouver un nouveau nom ? Bon, on verra bien à l’échographie.&lt;br /&gt;L’idée a été retenue : me voici sur la table du radiologue, qui se tient le ventre à deux mains à force de rire. Il m’agace, je sens qu’il m’agace. Je vais finir par lui coller une baffe, ça lui passera l’envie de caqueter à ce con !&lt;br /&gt;Non monsieur, y a pas que les poules qui pondent !!!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais raison, il y a bien un problème avec mes boyaux. Toute l’équipe d’obstétrique est pieusement penchée sur mes radios ; le silence lui-même est religieux. Le docteur essuie fébrilement ses lunettes avec le bord de sa blouse ; l’interne de garde mange son crayon, et le radiologue la ramène moins.&lt;br /&gt;« Vous n’avez jamais fait d’autres examens ? Vous êtes suivie par un gynécologue ? »&lt;br /&gt;Qu’est-ce qu’il s’imagine ? Je suis une grande fille depuis bientôt quinze ans. J’ai moi aussi, comme toutes mes comparses, été initiée aux joies du frottis et du pétrissage de sein. Mais non, tout a toujours été normal, merci.&lt;br /&gt;« En fait, c’est vrai que votre médecin ne pouvait s’apercevoir de rien ; vous avez une anomalie très discrète, mais… C’est extraordinaire, je ne crois pas qu’on ait jamais rien vu de pareil. »&lt;br /&gt;Bon, il va le lâcher son scoop ? C’est quoi, l’info qui tue sur mon utérus ?&lt;br /&gt;« En réalité, vous allez rire (je m’esclaffe déjà), votre utérus et votre intestin com-mu-niquent ! Il y a une sorte de petit sas qui les relie, et… L’œuf a dû se développer là, avant de sortir par les voies naturelles quand il est devenu trop gros. Votre œuf est en fait, exactement comme un œuf de poule, un ovule qui a durci. »&lt;br /&gt;Ils me regardent tous comme un pull Zara un jour de soldes. Je n’aime pas cette lueur gourmande au fond de leur œil. &lt;br /&gt;Pierre les ramène sur terre, loin de leurs rêves de vivisection.&lt;br /&gt;« Bon, concrètement, on fait quoi ? Vous nous prêterez une couveuse ? »&lt;br /&gt;Non seulement ils nous la prêtent, mais je crois bien qu’on a réglé notre problème de garde définitivement… C’est parti pour une saison d’incubation en milieu hospitalier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prosper grossit sans arrêt. Il a une écharpe et un bonnet de prématuré pour le tenir au chaud, et depuis que je lui ai dessiné un sourire, il semble bien à son aise dans la lumière artificielle de la couveuse.&lt;br /&gt;Donc, sur le plan purement médical, tout se passe plutôt bien. Après quelques tergiversations, la température a été réglée à 38 degrés 5 – il semblerait qu’un œuf ait besoin de davantage de chaleur qu’un être humain normal. La couveuse est en plastique renforcé, Prosper est bien à l’abri. Les infirmières du centre de néonatologie ont bien mis quelques jours avant de s’habituer, mais elles sont très professionnelles, elle lui parlent et le manipulent comme les autres bébés. Il y en a bien une qui m’a dit en soupirant la première fois : « ma pauvre petite ! », mais devant mon air interloqué, elle a compris que j’étais plutôt contente de remplacer neuf mois de grossesse par une couvaison à distance sans aucun tracas ni inconfort. Depuis, je discerne plutôt une pointe d’envie dans son regard, elle qui a accouché trois fois…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais déjà, ça, ça me pose un vrai problème. Même si je crâne devant les copines enceintes qui ont des nausées et qui flippent comme des malades devant l’épisiotomie, j’avoue que je me pose quelques questions. Suis-je une vraie femme, moi qui ne connaîtrai pas le supplice des étriers ? Serai-je une mère ? Prosper sera-t-il mon enfant ou celui de la couveuse ? Va-t-il faire comme les canetons, qui suivent le premier être qu’ils aperçoivent au sortir de l’œuf ? De fait, s’il dit maman au monitoring, ça va me vexer un chouia…&lt;br /&gt;Et puis, au milieu de toutes ces interrogations existentielles, se sont abattus sur moi les journalistes, comme les sauterelles sur le champ africain. Je pensais bien qu’il y aurait des fuites, malgré les assurances du directeur de l’hôpital ; de là à voir Prosper faire la couverture de Paris-Match !&lt;br /&gt;« Un œuf humain à la Salpêtrière ! Exclusif : les confessions de la femme-poule ! » J’ai dû jurer à ma mère que je n’avais pas dit à ce type qu’elle ne faisait manger que du maïs à mes frères et à moi. Depuis les sollicitations n’ont pas arrêté ; j’ai mis des lunettes noires à Prosper. Même Entrevue m’a proposé de poser nue ; mais ils ont été déçus de voir que je n’avais pas de croupion.&lt;br /&gt;Enfin, malgré l’absence de grossesse, je me sens très lasse. Peut-on faire un œuf-blues ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai été contactée par le président du Comité National d’Ethique. Il paraît qu’ils veulent faire une séance sur mon cas, qui soulève « des questions nouvelles et fascinantes pour l’esprit humain. » Je m’inquiète un peu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais raison de m’inquiéter. En gros, si j’ai bien tout suivi – et vu le sabir employé par ces braves gens, c’est pas gagné – il s’agit de savoir ce qu’il faudra faire dans tout un tas de situations que je n’avais jamais envisagées, mais qui maintenant vont m’empêcher de dormir jusqu’à l’éclosion. Prosper est-il humain, lui qui n’est pas né de façon habituelle ? Celui qui casserait Prosper par accident commettrait-il ou non un meurtre ? Si d’autres cas se présentent, faudra-t-il généraliser l’usage de la couveuse, ou tenter de réintroduire l’œuf dans l’utérus pour que l’enfant naisse « de façon plus naturelle » ? Faut-il détecter à la naissance chez les petites filles l’anomalie présente dans mes viscères ? Cette anomalie peut-elle justifier un avortement thérapeutique ?&lt;br /&gt;L’oviparité est-elle la solution pour certains couples stériles ?!!!!&lt;br /&gt;On nage en plein délire, là. J’ai pas choisi d’être ovipare ! Et puis, de toute façon, plus ça va, plus je trouve ça très bien. D’abord, parce que ça me laisse travailler jusqu’à la naissance sans me poser de questions. Ensuite, parce que si je n’avais pas voulu garder Prosper, je n’aurais eu qu’à le laisser tomber dans la cuvette, et c’était réglé. Il me semble que ce qui embête tous ces gens, et qu’ils n’avoueront certainement pas, c’est que je suis sans doute la première femme à attendre un bébé sans que ça change plus que ça ma vie, sans que ça me rende malade, sans aucun bouleversement. La poule pondeuse, elle vous emmerde, parce qu’elle n’a plus rien d’une mater dolorosa… Il paraît que j’inquiète le Vatican. Vais-je être excommuniée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a bougé !!!! C’est pour aujourd’hui ! Quatre mois et des poussières… L’œuf est gros comme une pastèque. Pierre a acheté un camescope pour l’occasion. Je me demande comment il va sortir, j’espère qu’il n’a pas de bec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’éclosion a été un succès. Mais Pierre est un peu déçu, une coquille s’est collé sur l’objectif, le film est en partie obscurci. Enfin, on voit bien Prosper sortit de sa coque en tapant avec son crâne. Il a une petite bosse sur le sommet de la tête, le docteur pense qu’elle va se résorber. Sinon, tant pis, ça lui donnera l’air d’un intellectuel à grand front.&lt;br /&gt;Enfin, tout le monde est rassuré : Prosper est un bébé normal, avec tout ce qu’il faut là où il faut. Le radiologue a tenu à le faire passer à la casserole – si j’ose dire – pour vérifier l’état de ses viscères, et visiblement, il ne tient pas de sa mère sur ce plan-là. Enfin, comme je l’ai fait remarquer aux infirmières qui ont bien rigolé, vu que c’est un garçon, le contraire m’aurait un peu étonné. &lt;br /&gt;Evidemment, je n’ai pas des masses de lait ; mais bon, le lait maternisé n’est pas fait pour les chiens. Mon petit poussin n’a pas du tout l’air traumatisé par sa drôle de fabrication ; et comme je n’ai aucun kilo à perdre, je crois que sur le plan de la bonne humeur de la maman, tout le monde y gagne.&lt;br /&gt;Le seul problème va être de garder un peu d’anonymat ; je pense qu’on va déménager.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-1924499983637202209?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/1924499983637202209/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/lavenir-du-genre-humain.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/1924499983637202209'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/1924499983637202209'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/lavenir-du-genre-humain.html' title='L&apos;avenir du genre humain'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-751678599140352383</id><published>2009-05-09T11:46:00.001-07:00</published><updated>2009-05-09T11:49:09.838-07:00</updated><title type='text'>Brisons là...</title><content type='html'>... cet insoutenable suspense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, je ne suis pas un pigeon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous trouverez ici quelques textes hétéroclites, quelques pensées plus ou moins (a)variées, quelques traces de ce qui passe par les couches profondes de mon cortex les jours où il m'arrive de laisser vagabonder des doigts (les miens ? allez savoir) sur mon clavier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne lecture, et bon vent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-751678599140352383?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/751678599140352383/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/brisons-la.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/751678599140352383'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/751678599140352383'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/brisons-la.html' title='Brisons là...'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-266169977385023242.post-1050157749778447926</id><published>2009-05-09T11:29:00.000-07:00</published><updated>2009-05-09T11:38:47.375-07:00</updated><title type='text'>Vie parisienne</title><content type='html'>Les passants ne me font pas l’aumône de leur regard fatigué. Parfois leur œil glisse sur ma complexion sale comme sur une flaque de boue, quelque chose de lisse et de répugnant sur quoi rien n’invite à s’attarder. Je fais peur ; cette idée me gonfle de satisfaction stupide. Car je suis bête, comme ils se plaisent tous à me le répéter. Il est vrai que mes attitudes d’effroi sont comiques lorsqu’ils se mettent à me courir après. &lt;br /&gt;« Il est vraiment trop con ! » &lt;br /&gt;C’est pour rire, je joue. Eux aussi font semblant ; ils seraient bien emmerdés de vraiment m’attraper. Parfois je reçois des pierres. L’une d’elle m’a crevé l’œil. Je ne leur en veux pas. Cela me rend intéressant, cela renforce mon pouvoir de répulsion, bien plus puissant, bien plus durable que toutes les séductions de ces Vénus immaculées en mules compensées. Elles resplendissent de couleurs primitives et brutales : œil cobalt, cheveux oranges, ongles lie-de-vin. Moi, je reste à jamais gris, fondu dans l’entêtante absorption du béton sempiternel. Je suis incolore dans cette foire où je détonne comme un graffiti obscène sur la façade d’un club de bridge. Voilà qu’une de ces nymphettes aguichantes passe près de moi. Elle m’évite du bout de sa New Balance, sa moue nacrée – rose tendresse n° 12 – écoeurée plutôt que boudeuse. Je lui chierais bien sur la tête juste pour le plaisir d’entendre ses petits cris de chatte mouillée ; plaisant baptême. Elle s’éloigne, ses fesses se balançant de droite à gauche dans une ellipse qui se veut troublante. Cela ne me fait rien, ne peut rien me faire. Je préfère à leurs accouplements raffinés le viol rapide de mes semblables, compagnes effacées comme moi, livrées à mes désirs sur le trottoir que nous hantons de concert. &lt;br /&gt;Vous vous dites : quel être ignoble. Vous avez raison ; je suis pour vous une sorte de monstre. Vous me le faites assez sentir. Quel plaisir je dois vous apporter : le dégoût et la peur sans aucune imminence de danger ! Je me plais à penser que vous n’êtes heureux que grâce à moi. Et moi-même, ne croyez pas que je sois à plaindre. Une frite moisie, l’eau d’un caniveau … Je suis bien. Je suis le grand parasite, blasé comme un dieu ; je suis la tâche blanchâtre sur le drap propre, je suis le pou dans le chignon. Mais je suis aussi ce qu’il y a de plus faible et de plus inconnu. Je mourrai sans doute en silence, broyé sous la roue d’une voiture, les viscères étalées, pour la première fois rouge sur le gris.&lt;br /&gt;Je suis un pigeon. Et royalement, je vous emmerde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/266169977385023242-1050157749778447926?l=hysorphi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hysorphi.blogspot.com/feeds/1050157749778447926/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/vie-parisienne.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/1050157749778447926'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/266169977385023242/posts/default/1050157749778447926'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hysorphi.blogspot.com/2009/05/vie-parisienne.html' title='Vie parisienne'/><author><name>Janis</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12495514812046577667</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/__gC9lEiIo2Q/SgXPMiaQUpI/AAAAAAAAAAM/COPBQMhfLv0/S220/Nantes_2006_06_02_0042.sized.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry></feed>
